Bien que je médite régulièrement depuis plus de 5 ans et que je suis une adepte du yoga, un weekend de méditation n’était pas initialement dans mes plans. Malgré tout, je me suis laissé convaincre d’y prendre part.
J’aime être dans l’action, les longues randonnées, les moments en famille et entre ami.e.s, mais je sentais que j’avais aussi besoin d’un moment de ressourcement et de repos. Les dates d’une retraite de méditation transcendantale tombaient lors de l’un des rares weekends de l’été où il n’y avait rien à l’horaire, alors j’ai décidé de tenter l’expérience.
Après tout, un weekend, seule avec moi-même, ne pouvait me faire que du bien. Pas d’enfants, pas d’amoureux, pas de ménage, pas de repas à penser et à préparer. Une pause, seulement pour moi, un véritable repos. Eh bien, ça ne s’est pas tout à fait passé comme je l’avais imaginé et sur le moment, ç’a été loin d’être reposant.
Je vous raconte mon expérience lors de cette retraite de méditation.
Un lieu parfait pour la détente…
Arrivée sur les lieux, je découvre un endroit tout simplement parfait: la Villa du Couvent dans les Laurentides. Des arbres, un lac, une auberge magnifique. Tout y est pour un weekend de détente. Le ciel est bleu, le lac m’appelle pour une petite baignade. Après avoir choisi ma chambre, j’enfile mon maillot et je me lance dans l’eau froide. C’est toujours un bonheur de nager dans un lac. L’eau est bonne et le soleil est au rendez-vous.
Mais un esprit qui vagabonde et un mal de tête qui s’immisce
Après cette baignade, l’horaire de la retraite s’amorce.
On se regroupe pour faire quelques asanas, ensuite on effectue des exercices de pranayama, soit de respiration, et s’ensuit une première méditation.
Mon corps devrait se détendre, mais c’est plutôt le contraire qui se produit. Mon esprit vagabonde dans toutes les directions. Alors que je devrais penser à mon mantra, mes réflexions s’intensifient. Est-ce que je fais bien d’être ici? Pourquoi ne suis-je pas avec mon amoureux et mes enfants? Est-ce que tout se passe bien à la maison? Peut-être que j’aurais pu partir en randonnée?
Un mal de tête terrible s’empare de moi. Pourtant, ça m’arrive rarement. Probablement qu’après avoir mangé, ça passera.
Loin d’être seule au monde… le défi d’être avec des inconnus
On se rend à la salle à manger où l’on rencontre le chef passionné. Ils nous expliquent ce que nous mangerons tout au long de la fin de semaine. Ici, tous les plats sont végétariens, faits avec un maximum d’ingrédients bio et autant que possible des aliments qui proviennent du potager juste derrière.
Tout le groupe s’assoit ensemble. Je me retrouve entourée d’inconnus. Je suis de nature plutôt sociable et j’adore rencontrer de nouvelles personnes. Je réalise cependant qu’habituellement, il y a un contexte, des gens qui en introduisent d’autres. Pas cette fois-ci. Le silence ne me dérange pas non plus. On n’est pas obligé.e.s de se parler, mais en même temps, on dirait que oui. Je suis ambivalente. Pourquoi tout à coup un tel malaise surgit?
Peut-être aurait-il été préférable que je me retrouve dans une retraite en silence?
Pourtant, j’adore discuter et j’ai souvent des questions à l’infini à poser à toutes sortes de gens. Mais, là, rien. D’autant plus que j’ai toujours ce mal de tête qui résonne dans mon cerveau. Petit à petit, quelques bribes sont échangées, mais la conversation se termine aussi vite qu’elle a commencé. Une autre conversation s’amorce dans une autre direction et voilà que celle-ci est plus fluide. Ça fait du bien. Je prends conscience qu’il est facile d’échanger dans la vie de tous les jours, mais que ça peut être ardu dans un autre contexte. Il n’y a pas d’obligations à parler, pourtant, on se met parfois une certaine pression en fonction des codes de notre société.
Après un bon repas, on sort marcher pour digérer et on s’assoit ensuite autour d’un feu. On échange un peu et c’est déjà l’heure de regagner nos chambres. J’ai hâte de poser ma tête sur l’oreiller et j’espère que mon mal de tête me quittera durant la nuit.
Le défi de se reposer
J’ouvre un œil, mon mal de tête est toujours là, mais bien moins puissant que la veille. Il va surement se dissiper.
À 7h, on effectue à nouveau les asanas et les exercices de respiration afin de nous aider à plonger dans une méditation plus profonde. Deux cycles se suivent, ce qui dure environ 2 heures.
On déjeune et on se retrouve en séance d’informations afin de revalider les bases de la méditation transcendantale. On médite à nouveau, en groupe. On dine, on marche un peu et on s’assoit pour une autre séance d’informations. En fin d’après-midi, on effectue deux autres cycles d’asanas, de respirations et de méditation.
Une posture, une détente du corps, une respiration, une détente du corps, une séance de méditation, une détente du corps... Ouf! Mon corps et mon esprit n’en peuvent plus de se détendre. Je sais, je suis ici justement pour me reposer, mais je ne trouve pas cela si facile. J’ai envie de bouger, marcher, discuter avec mon amoureux, mes filles, mes ami.e.s… Bref, je suis partout, et rarement ici et maintenant. En plus de mon mal de tête qui semble sur le point de faire exploser mes tempes. Par chance, par moment, je réussis quand même à me recentrer un peu et à me détendre.
Après la 5e méditation de la journée, je pars en quête d’un comprimé d’acétaminophène. Alors que je le mets dans ma bouche, je me dis que la plus «grosse» journée vient de se terminer. La plus grosse journée à ne rien faire, j’en ris intérieurement. Rapidement, mon mal de tête se dissipe. Enfin! La soirée qui s’ensuit en est que plus agréable.
Une fin libératrice et énergisante
La nuit est paisible et récupératrice. Dimanche matin, on effectue à nouveau un cycle de postures, de respirations, suivi d’une séance de méditation. Le déjeuner se passe dans la bonne humeur et les langues se délient. Étrangement, on dirait que ce matin, tout le monde respire mieux. Est-ce les bienfaits de la retraite, ou est-ce le fait que la fin de la retraite approche?!
J’apprends que la majorité des filles ont souffert de maux de tête intenses durant le weekend, même que l’une d’entre elles a été malade. J’ai d’ailleurs également eu des nausées tellement j’avais l’impression que ma tête voulait exploser.
C’est peut-être une pure coïncidence, mais paraitrait-il que le relâchement de tension et de stress peut provoquer ces fameux maux de tête. D’ailleurs, on entend parfois parler de la migraine du weekend, qui est associée à la baisse du stress. Étrangement (ou non?!) aucun des gars sur place n’a eu de mal de tête. Tout porte à croire que les filles portent davantage de tensions.
Mais, en ce dimanche matin, tout le monde va mieux.
Après une longue promenade aux abords du lac, on se dit au revoir et tout le monde repart de son côté, j’oserais dire, lumineux.
Oui, oui, lumineux.
Car même si le groupe est unanime: on a tous et toutes ressenti un besoin plus ou moins intense de bouger davantage; tout le monde repart de bonne humeur et léger, après avoir eu des conversations passionnantes tout l’avant-midi.
Le weekend a effectivement été un défi. Un étrange défi, dirais-je. Celui de se retrouver entourée d’inconnus, et de ne rien faire. Bref, durant ces journées, j’ai souvent eu la réflexion que méditer n’est pas de tout repos. Ma tête semblait vouloir s’enfuir un peu partout. C’est d’ailleurs ce que mon mal de tête semblait me dire, pourquoi se poser alors qu’il y a tant à faire… Mais, justement, peut-être faut-il davantage prendre le temps de s’arrêter?
Un weekend, sans responsabilités, sans demandes de personne, à se laisser guider, à manger des repas santé, à boire de la tisane… c’est un beau cadeau à se faire. Ce n’est peut-être pas de tout repos sur le moment, mais ça amène un repos nécessaire à notre corps. Le lundi arrive ensuite, et la semaine s’amorce avec une énergie différente. Est-ce la méditation intensive du weekend, le repos, les repas santé, les gens qui nous ont entourés le temps de quelques instants? Peut-être un peu de tout ça, et surtout, le fait de se permettre de sortir de notre zone de confort, tout simplement.
Apprenez-en davantage sur la méditation transcendantale et découvrez la Villa du Couvent.
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