Tous les jours, on est bombardé.e par ces mots: «ajoutez ceci ou cela à votre bucket list». Consciemment, ou pas, notre cerveau enregistre qu’il faut faire ou voir telle ou telle chose. La liste s’allonge à l’infini, car ces mots, toujours associés à de nouvelles images, réapparaissent sans cesse sur nos écrans. Tout est si tentant, si beau, si intéressant… De plus, tout le monde y va!
Mais, est-ce une bonne idée de dresser une telle liste?
Voici 7 raisons pourquoi on ne devrait pas faire de bucket list.
Pour se reconnecter à ses propres passions, à ses rêves
Avec toutes les images que l’on voit défiler sur les réseaux sociaux, on oublie de se questionner. Qu’est-ce qui nous passionne vraiment, quel genre d’expériences recherche-t-on? En l’espace de quelques années, on dirait que la réalité s’est inversée. Le rêve n’émerge plus de nous. On est bombardé d’images et on croit, parfois à tort, que le rêve des autres est le nôtre. Et, les autres, ils sont nombreux!
Tout à coup, il faut «faire» ou visiter tellement d’endroits. Mais, quel lieu fait surgir en nous un sentiment différent? Qu’est-ce qui réveille en nous une passion, un rêve?
Bien sûr, ces images peuvent être des sources d’inspiration. Elles peuvent même nous aider à découvrir ce qui nous fait vibrer. Des paysages grandioses, ou des villes animées qui permettent de vivre toutes sortes d’expériences? Des activités trépidantes?
Sans se mettre une pression inutile de devoir cocher des éléments de sa liste, on peut toutefois s’en servir pour donner une orientation à ce que l’on souhaite réellement faire.

Pour se fixer un seul et unique objectif
En mettant de côté la fameuse liste, on se concentre plutôt sur un objectif précis. L’idée n’est donc pas de faire ce que tout le monde fait, ou de voir ce «qu’il faut» voir, mais de se fixer un but défini et de développer son propre angle de vue. On s’inspire de ce qui nous entoure, des images qui nous interpellent, mais on crée sa propre façon d’envisager une destination.
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Pour cesser de consommer le voyage, comme on consomme au quotidien
De plus en plus, on consomme le voyage, comme on consomme au quotidien. Cette surconsommation à tous les niveaux n’est pas sans répercussions. Pourquoi vouloir voir tant d’endroits, alors qu’il y a tant de choses à voir dans un seul et unique lieu? À quoi bon accumuler le plus de destinations possible comme on accumule des biens?
Cocher les cases d’une bucket list peut sembler excitant, mais découvrir pleinement un lieu l’est davantage. Peut-être est-il préférable de partir plus longtemps et d’explorer différemment, plutôt que partir souvent?
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Pour prendre soin de notre planète
La beauté de notre planète nous rappelle également à quel point celle-ci est fragile et que son équilibre est précaire. Enfiler les destinations, ou encore se rendre au même point de vue que tout le monde, affecte sans contredit les plus beaux paysages, les plus beaux lieux.
Lorsqu’on brise nos paradigmes, et qu’on laisse de côté la bucket list, on revient à l’essentiel, à ce qui nous interpelle véritablement. Par la force des choses, notre énergie se concentre sur un lieu précis et on évite de s’éparpiller et de courir d’une destination à l’autre. On ralentit, et cette lenteur nous fait autant de bien à nous qu’à la planète puisque notre empreinte écologique s’en voit diminuée.

Pour éviter de détruire des lieux magiques sur la planète
Une vidéo virale amène souvent beaucoup trop de gens exactement au même endroit. Pourtant, un peu plus loin, la vue y est tout aussi belle. Mais, on a mis sur cette liste ce lieu exact, il faut donc s’y arrêter… C’est évidemment la pire erreur.
Certains endroits, par exemple le Colisée lorsqu’on visite Rome, sont des incontournables. Toutefois, une rue autrefois paisible dans un petit village n’est peut-être pas l’endroit où l’on doit obligatoirement se rendre. En Australie, un petit village côtier de Sydney s’est totalement transformé étant donné une affluence de touristes excessive. Plusieurs autres lieux, un peu partout sur la planète, ont été abimés et croulent sous la pollution étant donné leur trop grande popularité.
Il faut impérativement se questionner lorsqu’on ajoute sur sa liste des endroits que l’on souhaite voir et surtout ne jamais oublier que des humains, comme nous, y résident. Le respect doit toujours être priorisé, bien avant notre envie de voir tel ou tel endroit sur la planète.
Pour vivre des expériences, plutôt que simplement voir un lieu
En ayant une liste d’activités ou de lieux à voir et à cocher, on oublie le plus important: vivre des expériences. Celles-ci surgissent uniquement lorsqu’on a une page blanche devant soi. Prendre le temps, marcher autour, observer, s’assoir, boire un café, et y rester longtemps. C’est dans ces moments que surviennent des rencontres qui nous mènent vers un lieu insoupçonné ou bien qu’on vit une situation impensable de prime abord. Voir un lieu, c’est bien, mais vivre tout ce que ce même lieu a à offrir, c’est encore mieux. À quoi bon avoir une photo devant le lac Louise, par exemple, si on n’a pas marché tout autour, si l’on n’a pas vu la lumière se modifier sur le lac, si on n’a pas pris son temps, tout simplement?

Pour créer des souvenirs
Trop d’endroits débordent dorénavant de touristes qui veulent LA photo qui est associée à la liste d’endroits à voir. Mais, à quoi bon avoir la même photo que tout le monde? Qu’avons-nous vécu à cet endroit, qu’avons-nous à raconter de cette visite? Comme si, dorénavant, la photo valait plus que toutes les anecdotes. Et pourtant. De quoi se souvient-on lorsqu’on pense aux derniers mois, à la dernière année? Du paysage le plus grandiose, ou plutôt des rencontres qu’on a faites, des fous rires incroyables qu’on a eus avec des ami.e.s…et parfois même avec des étrangers. Pourquoi vouloir cocher une liste de choses à voir et à faire, alors que le bonheur ne réside pas dans cette liste? Le bonheur surgit à l’improviste. Il ne se coche pas sur une liste. Il n’est pas lié directement à un lieu. Les souvenirs se créent loin de la fameuse bucket list.
Évidemment, les objectifs donnent une direction et un sens à notre vie. Mais, on n’a pas besoin d’en avoir plusieurs. Un seul suffit souvent. Lorsqu’on avance vers un seul et unique but, d’autres directions s’offrent à nous. Voilà que notre chemin bifurque et que c’est parfait ainsi. S’il faut suivre une bucket list, on s’empêche, peut-être, d’emprunter un chemin moins fréquenté, alors que c’est justement celui-ci qui mène à l’endroit parfait. Pas l’endroit parfait instagrammable, mais l’endroit parfait qu’il nous fallait à cet instant précis.
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