Avec le temps froid qui perdure, ceux et celles qui sont habituellement touché.e.s par les allergies saisonnières ont un petit répit. Toutefois, il sera de courte durée.
Avec les changements climatiques et le réchauffement de la planète, les allergies aux pollens touchent de plus en plus de gens et durent plus longtemps qu’auparavant. Au Québec, ce sont 20% des adultes qui sont affectés par la saison des allergies.
Voici ce que vous devez savoir sur les allergies saisonnières et surtout à quel moment elles commencent.
Qu’est-ce qui provoque les allergies saisonnières
Les allergies saisonnières sont associées à la rhinite allergique, aussi appelée rhume des foins. Cette réaction survient lorsque les arbres et les végétaux laissent échapper du pollen de leurs fleurs qui se dispersent dans l’air.
Ce sont les arbres mâles qui produisent le pollen, et la majorité des villes les privilégient, car ils nécessitent moins d’entretien que les arbres femelles qui produisent des fruits. Du côté des végétaux, le plus grand responsable est incontestablement l’herbe à poux qui réussit à pousser n’importe où, même en bordure des trottoirs.
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Quand commence la saison des allergies?

Au Québec, la saison des allergies s’amorce en même temps que le printemps s’installe et se décline en trois vagues successives. Elle s’étend de la fin mars au début octobre, selon les conditions météorologiques. Plus la saison chaude dure longtemps, plus la saison des allergies tend à s’étirer également.
La saison des allergies se décline en 3 vagues
La première vague est associée aux pollens d’arbre. En même temps que les bourgeons éclosent, le pollen commence à se propager dans l’air. Ce sont habituellement les érables qui ouvrent le bal vers la fin mars ou le début avril, suivi de l’aulne, du peuplier et du bouleau blanc, tout au long d’avril. Enfin, en mai, c’est au tour du chêne et du frêne.
Le bouleau fait incontestablement partie des arbres les plus allergisants, d’autant plus qu’il peut provoquer des allergies croisées, lorsqu’on le combine à certains fruits frais, entre autres, la pomme, la poire, la pêche, mais aussi aux légumes comme les carottes ou encore les noisettes. En plus des symptômes habituels des rhinites allergiques, des démangeaisons aux lèvres et au menton peuvent survenir.

La deuxième vague s’amorce avant même que la première soit terminée. Celle-ci est associée aux pollens des graminées, notamment la fléole des prés, le dactyle et l’ivraie, qui se retrouvent dans l’air normalement de la mi-mai à la fin juin.
La troisième vague, mais non la moindre, est la plus intense au Québec, au niveau de la charge allergénique. Elle est associée à l’herbe à poux que l’on voit apparaitre en août et qui demeure jusqu’aux premiers gels. L’herbe à poux produit une énorme quantité de pollen qui est hautement allergisant. Il est le principal responsable des rhinites allergiques estivales et automnales en Amérique du Nord.

Les allergies saisonnières commencent plus tôt et durent plus longtemps
Avec les changements climatiques, plusieurs endroits sur la planète dénotent un réchauffement généralisé. Cette augmentation des températures tend à étirer la saison des allergies et à la rendre plus intense.
D’ailleurs, cette année, la saison des allergies s’est amorcée plus tôt qu’à l’habitude du côté de Vancouver et s’installe de façon particulièrement intense. Leur hiver a été très doux, le 2e plus doux enregistré depuis 1897, et les arbres ont commencé à bourgeonner de manière précoce laissant aller dans l’air un taux élevé de pollen.
Ce qui se voit du côté de Vancouver représente ce qui se passe à la grandeur du pays. Évidemment, d’une année à l’autre, la météo fluctue, mais de manière générale, on observe une augmentation des températures. De plus, la saison des allergies commence plus tôt et se termine plus tard.
L’Institut national de santé publique du Québec mentionne que «de 1994 à 2002, la durée de la saison du pollen de l’herbe à poux à Montréal est passée de 42 à 68 jours. Il est probable que celle-ci se soit davantage allongée depuis. Une étude publiée en 2019 a aussi constaté une tendance d’allongement des saisons de pollen dans l’hémisphère nord sur une période de 20 ans.»
Davantage de personnes touchées par les allergies saisonnières et des symptômes plus intenses
Les changements climatiques entrainent aussi des répercussions directes liées aux allergies saisonnières. Deux types de conséquences s’en dégagent:
- Une augmentation du nombre de personnes touchées par les allergies. L’exposition prolongée à de plus grandes concentrations de pollen fait en sorte que de plus en plus de gens développent des symptômes.
- Une augmentation de la sévérité des symptômes d’allergie. Les personnes souffrant déjà d’allergies saisonnières ressentent les symptômes de façon plus intense étant donné une plus grande concentration de pollen dans l’air et une augmentation du potentiel allergène.

Quels sont les symptômes des allergies saisonnières
La rhinite allergique présente des symptômes qui ressemblent au rhume:
- éternuements,
- congestion nasale,
- écoulement nasal,
- maux de tête.
Dans 70 à 80% des cas, la rhinite allergique sera accompagnée d’une conjonctivite allergique. S’ajoutent alors aux premiers symptômes:
- des larmoiements,
- une rougeur conjonctivale,
- des picotements et des démangeaisons oculaires.
Avec ces symptômes s’ensuit inévitablement une fatigue liée aux perturbations du sommeil, ainsi que des troubles de concentration.
Les conséquences des allergies saisonnières
La période des allergies saisonnières peut être invalidante pour plusieurs personnes. Elle affecte incontestablement la qualité de vie et même la santé mentale.
De plus, ceux et celles qui sont déjà touché.e.s par l’asthme seront davantage affecté.e.s par les effets du pollen, ce qui peut avoir de graves conséquences sur leur santé.
Des médicaments pour affronter les symptômes
Par chance, il existe différents médicaments afin de minimiser l’impact des symptômes qui sont invalidants et qui peuvent s’étendre sur une longue période. Il est toutefois recommandé d’en discuter avec un ou une professionnelle de la santé, notamment votre pharmacien.ne ou votre médecin. Voici les deux catégories de médicaments disponibles.
Pour les formes légères à intermittentes: Les antihistaminiques oraux de deuxième et de troisième génération, entre autres cétirizine (Reactine), loratadine (Claritin), fexofénadine (Alegra), desloratadine (Aerius), constituent l’un des traitements de base. Ces médicaments ne provoquent pas ou peu de somnolence aux doses habituelles, agissent rapidement et sont disponibles sans ordonnance au Québec. Il est recommandé de les prendre sur une base régulière durant la période des allergies.
Pour les formes modérées à sévères, particulièrement lorsque l’obstruction nasale est prédominante: Il faut alors se tourner vers les corticostéroïdes nasaux. Ils représentent un traitement efficace, avec des produits comme le fluticasone (Flixonase), le mométasone (nasonex) et le budésonide. Administrés par voie intranasale, ils agissent localement, réduisant l’inflammation sans provoquer d’effets secondaires majeurs. Les effets complets apparaissent après quelques jours de traitement régulier. La plupart de ces produits nécessitent une ordonnance.
Il ne faut pas les confondre avec les décongestionnants nasaux qui, eux, peuvent provoquer un effet rebond causant une dépendance.
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Un traitement pour remédier aux allergies saisonnières
Comme la période des allergies saisonnières s’étire sur plusieurs mois, la prise de médicaments s’échelonne également sur une longue période. Pour ceux et celles qui souhaitent diminuer leur consommation de médicaments ou encore chez qui les médicaments ne réussissent plus à contrôler les symptômes, il existe dorénavant un traitement qui peut faire disparaitre la rhinite allergique, et non pas uniquement les symptômes: l’immunothérapie allergique, soit la désensibilisation à l’allergène du pollen.
Pour se faire, on expose progressivement le système immunitaire à des doses croissantes d’allergènes spécifiques. Une tolérance immunologique durable se développe alors progressivement et peut persister des années après la fin du traitement.
Ce traitement est offert sous forme d’injections régulières en cabinet d’allergologie ou en gouttes ou en comprimés que l’on place sous la langue.
L’immunothérapie allergique est fortement recommandée aux personnes qui ont des problèmes d’asthme, en plus d’être touchées par les allergies saisonnières. À noter que l’immunothérapie nécessite un suivi avec un ou une allergologue durant 3 à 5 ans.
Comment minimiser l’impact des pics allergiques
Lors des différentes vagues associées à une augmentation du pollen dans l’air, il existe des façons de minimiser leur impact, particulièrement lorsqu’il fait chaud et sec, et que le temps est venteux.
- Garder les fenêtres de la maison et de la voiture fermées.
- Privilégier une climatisation avec filtre.
- Prendre une douche et changer de vêtements dès que l’on rentre afin d’éliminer le pollen qui s’est déposé sur la peau et les cheveux.
- Ne pas étendre ses vêtements à l’extérieur.
- Éviter d’être à l’extérieur lors de la tonte du gazon.
- Éviter d’aller à l’extérieur lorsque la concentration de pollen est plus élevée, c’est-à-dire: entre 7 h et 13 h; par temps chaud ou sec; lors des journées venteuses.
- Éviter tout contact avec d’autres irritants comme la fumée de tabac qui peuvent faire augmenter les symptômes d’allergie.
- Ne pas porter de lentilles cornéennes.
- Irriguer ses fosses nasales sur une base régulière avec une eau saline. Cela permet d’éliminer le pollen qui s’est déposé sur la muqueuse nasale, ce qui en réduit l’inflammation.
- Consulter les prévisions Pollen publiées par Météo Media afin de planifier les activités en plein air.
Avant même que les symptômes commencent à apparaitre, n’hésitez pas à communiquer avec votre professionnel.le de la santé. Vous pourrez ainsi trouver le meilleur médicament ou traitement pour pouvoir profiter pleinement de la belle saison, sans les inconvénients que transporte le pollen.
Sources: Pollens allergènes | Institut national de santé publique du Québec; Allergie aux pollens; Blogue allergies printanieres 2026 pollen | Brossard | Omicron Clinic; Rhinite saisonnière (rhume des foins) | Gouvernement du Québec; Calendrier des pollens | Types de pollens par mois | Kleenex® Canada
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