Santé

Rougeole: causes, symptômes et traitements

Mis à jour le 

Publié le 

2 minutes pour comprendre les allergies Survol des différents types d'allergies: alimentaires, saisonnières, etc.

La rougeole est une maladie infantile infectieuse, connue également comme étant traditionnellement la première maladie éruptive (les quatre autres étant la varicelle, la roséole, la rubéole et l’érythème infectieux.)

Auparavant, elle atteignait plusieurs centaines de milliers d’enfants chaque année partout à travers le monde. Depuis les années 1960, la vaccination largement répandue a permis au virus de presque disparaitre dans la plupart des pays développés.

Toutefois, le refus de certains parents de faire vacciner leurs enfants est à l’origine d’un phénomène récent de recrudescence du virus qui inquiète les autorités sanitaires d’Europe et d’Amérique du Nord.

Depuis 2024, on observe une augmentation des cas de rougeole un peu partout dans le monde. Au Québec, quelques cas sont confirmés année après année. À ce jour, pour l’année 2026, huit cas de rougeole ont déjà été identifiés, ce qui constitue une éclosion.

Quelles sont les causes de la rougeole?

C’est un virus qu’on appelle paramyxovirus qui est responsable de la rougeole. Très contagieux, il se déplace facilement dans l’air.

Qui est touché par la rougeole? Quels sont les facteurs de risque?

Rougeole hero Rougeole hero (Singjai20/Getty Images)
  • Les personnes qui n’ont jamais été vaccinées et qui n’ont jamais contracté la rougeole.
  • Les personnes qui voyagent ou vivent dans des régions où la rougeole circule. C’est notamment le cas en Afrique et en Asie, car la vaccination n’y est pas systématique. Ces régions sont souvent le théâtre d’épidémie de rougeole. Habiter ou voyager dans ces régions augmente donc le risque de contracter la rougeole.

Chez certaines personnes, les risques de développer des complications graves liées à la rougeole sont plus élevés. C’est le cas, entre autres:

  • des nourrissons et des enfants de moins de 5 ans;
  • des personnes avec le système immunitaire affaibli ou qui souffrent de malnutrition;
  • des femmes enceintes;
  • des individus qui ont une carence en vitamine A.

Contagion

La rougeole est extrêmement contagieuse. On estime que, de toutes les infections qui peuvent être évitées par la vaccination, ce serait la plus contagieuse.

Une personne atteinte est contagieuse environ 4 jours avant l’apparition des premiers symptômes. Elle cesse de l’être environ 4 jours après l’apparition de l’éruption cutanée.

Si une personne non vaccinée partage un milieu de vie avec un individu contagieux, elle a environ 9 chances sur 10 de contracter le virus à son tour.

Le virus se déplace dans l’air. Une personne atteinte qui éternue ou toussote, voire respire tout simplement, expédie dans l’air des microgouttelettes contaminées, qui favorisent la propagation du virus. D’ailleurs, le virus de la rougeole peut persister dans l’air jusqu’à 2 heures après qu’une personne infectée a quitté la pièce.

Contrairement à plusieurs autres virus, le virus qui cause la rougeole ne peut pas survivre longtemps sur les objets (seulement 2 heures environ.) L’utilisation des objets ayant été utilisés par un individu atteint n’est donc pas un vecteur de transmission important, mais le potentiel de contagion de la rougeole n’en est pas moins redoutable.

À lire aussi: Rougeole vs varicelle: quelles sont les différences?

Quels sont les principaux symptômes?

  • Après une période d’incubation qui dure entre une et trois semaines, les premiers symptômes commencent à se manifester.
  • On peut tout d’abord remarquer une fièvre souvent forte (elle peut durer plusieurs jours) et des symptômes qui s’apparentent à ceux du rhume tels une toux, des écoulements nasaux, une rougeur oculaire, la fatigue et l’irritabilité.
  • À la suite de l’apparition des premiers symptômes s’apparentant à un rhume, les premières lésions apparaissent déjà à l’intérieur des joues, non loin des molaires. Un examen de la cavité buccale est donc nécessaire pour les identifier, puisqu’au début, il n’y a pas de lésions ailleurs sur le corps.
  • Ces lésions sont caractéristiques. Elles ressemblent à des petits boutons rouges, de grosseur variable. Leur centre est blanc, parfois bleuâtre, et peut rappeler un grain de sable. On les appelle taches de Koplik.
  • Quelques jours après l’apparition de ces taches, une autre éruption cutanée apparait, cette fois-ci sur le visage et dans le haut du cou. Il s’agit cette fois de grosses taches brunes ou rouges prenant l’allure de plaques tachetées (exanthème morbilliforme.)
  • L’éruption peut ensuite se généraliser, et des taches apparaissent alors sur le tronc et les membres.
  • L’éruption cutanée disparait généralement de façon progressive, en moins d’une semaine. Normalement, elle n’est pas douloureuse et n’occasionne pas de démangeaisons. Après la disparition des taches, il est fréquent que la peau «pèle» (desquamation).
  • Certains individus atteints de rougeole se plaignent de douleur oculaire et d’hypersensibilité à la lumière. On observe parfois une conjonctivite.
  • Une diarrhée peut aussi être liée à la rougeole et provoquer une déshydratation.
Banque d'images | Envato (Banque d'images | Envato)

Pour diagnostiquer la rougeole

Il est très important d’essayer de poser le diagnostic très rapidement si un enfant non vacciné présente des symptômes qui pourraient laisser croire à une rougeole.

L’observation des lésions dans la bouche (taches de Koplik) permet le diagnostic précoce de la rougeole. Ces taches permettent d’établir avec certitude le diagnostic, car elles ne sont associées à aucune autre maladie. Leur présence permet donc automatiquement de conclure à un cas de rougeole.

Bien que l’éruption cutanée puisse pour sa part ressembler au symptôme d’une autre maladie, elle permet normalement à un.e professionnel.le de confirmer son diagnostic.

Si un doute subsiste, on peut effectuer des analyses pour rechercher des anticorps spécifiques.

Possibles risques de complications

  • Bien que la rougeole ne donne généralement pas lieu à des complications, celles-ci, lorsqu’elles surviennent, peuvent être très graves et même entrainer la mort dans certains cas.
  • Les jeunes enfants (moins de 5 ans), les personnes immunodéprimées et les femmes enceintes sont les personnes qui risquent le plus de souffrir de complications.
  • Une surinfection bactérienne donnant lieu à une pneumonie ou encore à une otite est la complication la plus fréquente.
  • La rougeole peut entrainer la cécité.
  • Une minorité de patient.e.s atteint.e.s de rougeole développeront une encéphalite aiguë morbilleuse dans les jours suivant le début de l’éruption. Il s’agit d’une atteinte au cerveau qui se manifeste par l’apparition de troubles neurologiques divers (convulsions, troubles psychiques, paralysie partielle, etc.)
  • L’encéphalite elle-même peut se résorber sans complications, mais dans certains cas, elle cause le décès ou des séquelles neurologiques permanentes, souvent handicapantes.
  • Dans des cas extrêmement rares, une encéphalite demeure en dormance dans le cerveau après la résolution apparente de la maladie. Elle peut être réactivée après plusieurs années et entrainer des conséquences très graves. On parle alors de panencéphalite nécrosante subaiguë. Cette affection est rarissime, mais elle est presque toujours mortelle et elle est imprévisible. Les enfants ayant contracté la rougeole avant l’âge de deux ans sont les plus à risque de souffrir de cette complication.
  • Chez les femmes enceintes, la rougeole augmente le risque d’avortement spontané. Elle peut accroitre le risque de malformations congénitales.
  • Chaque année, plusieurs dizaines de milliers de personnes meurent encore de la rougeole et de ses complications, selon l’Organisation mondiale de la santé. Cet organisme estime qu’en 2024 seulement 95 000 personnes en sont mortes.
  • La majorité des victimes sont des enfants de moins de 5 ans. Il s’agit d’une des principales causes de décès infantile dans le monde.
  • Avant la généralisation du vaccin, le nombre de décès attribuables à la maladie était beaucoup plus alarmant. Toujours selon l’OMS, on enregistrait tous les deux ou trois ans d’importantes épidémies qui pouvaient causer environ 2,6 millions de décès chaque année.
  • La vaccination a permis de faire diminuer le nombre de décès de façon constante.

Traiter la rougeole

Rougeole hero (CHBD/Getty Images)
  • La rougeole disparait normalement d’elle-même avec le temps. Il n’existe pas de traitements qui permettent d’en accélérer la guérison, mais certains médicaments peuvent être utilisés pour atténuer les symptômes.
  • On peut soulager la fièvre à l’aide d’acétaminophène ou d’ibuprofène, mais il ne faut jamais administrer d’aspirine aux enfants, car cela peut accroitre le risque de contracter  une maladie très grave, le syndrome de Reye.
  • Au besoin, les maux de gorge et la toux peuvent être soulagés à l’aide de médicaments ciblés, souvent utilisés pour soulager les symptômes du rhume ou de la grippe.
  • Il est important de lutter contre la déshydratation en buvant suffisamment de liquide.
  • On peut administrer de fortes doses de vitamine A aux victimes de la rougeole qui souffrent de carences alimentaires ou qui présentent un risque élevé de complications. Dans les pays en voie de développement, cette mesure est systématique quand on prend en charge un cas de rougeole.
  • Puisque la rougeole est d’origine virale, les antibiotiques sont inutiles dans son traitement, à moins d’avoir affaire à une surinfection bactérienne comme une otite ou une pneumonie. On en administre parfois à titre préventif.

Prévenir la rougeole

  • C’est en 1963 que le vaccin contre la rougeole a été découvert, devenant dès lors le moyen le plus efficace de prévenir cette maladie.
  • On estime qu’environ 83% des enfants dans le monde ont reçu leur première dose de vaccin contre la rougeole; mais seulement 74% ont reçu la seconde dose essentielle pour être protégés adéquatement.
  • Il s’agit d’un vaccin efficace, sans danger et peu coûteux. Au fil des ans, il a permis de faire diminuer radicalement les cas de rougeole et les décès attribuables à cette maladie.
  • Certains enfants présenteront une réaction légère dans les jours suivant la vaccination, mais cette réaction est absolument bénigne.
  • Depuis plusieurs années, le vaccin contre la rougeole est très fortement recommandé par les autorités sanitaires. Il est massivement administré dans la plupart des pays industrialisés. La première dose du vaccin est administrée à l’enfant dès l’âge de 12 mois, en même temps que les vaccins pour les oreillons et la rubéole. Un rappel du vaccin, qui permet d’en garantir l’efficacité, a normalement lieu à 18 mois.
  • Il est important d’isoler une personne atteinte dès que possible, pour tenter d’éviter la contagion. Cela peut être difficile, considérant que la période d’incubation est longue, que les premiers symptômes peuvent sembler anodins et que la contagion est fulgurante.
  • Bien que les méthodes habituelles d’hygiène soient toujours recommandées, elles risquent fort de ne pas être suffisantes à protéger une personne non vaccinée qui  entrerait en contact avec le virus.

Saviez-vous que...

Depuis 2019, on observe de plus en plus de cas de rougeole partout dans le monde. Vous pouvez entre autres consulter la liste des éclosions sur le site du gouvernement du Québec.

On assiste effectivement à une recrudescence de la rougeole dans les pays développés, notamment en France et au Québec. De toute évidence, c’est la diminution des taux de vaccination des enfants qui explique ce retour du virus dans nos contrées d’où, pendant de longues années, il était considéré comme pratiquement éradiqué.

Le Ministère de la Santé a depuis lancé une campagne massive de vaccination pour immuniser les enfants et le personnel des écoles qui n’auraient pas reçu le vaccin en bas âge. Le recours au vaccin n’est toutefois jamais obligatoire et demeure un choix personnel: celui des parents pour les enfants de moins de 14 ans, et celui de l’adolescent ou de l’adulte de quatorze ans et plus.

Sources: Organisation mondiale de la santé: Rougeole; Ministère de la Santé et des Services sociaux Québec: Rougeole; Ministère de la Santé et des Services sociaux Québec: vaccins; quebec.ca - Rougeole; À propos de la rougeole | Gouvernement du Québec

Recommandé pour vous:

Consulter tous les contenus de Canal Vie Santé

Note

Les informations contenues dans cet article vous sont fournies à titre informatif seulement et vous permettront de poser des questions éclairées à votre médecin. En aucun cas, elles ne peuvent remplacer l’avis d’un professionnel de la santé. Notre équipe de rédacteurs et d’experts met tout en oeuvre pour vous fournir de l’information de qualité. Toutefois, Noovo Moi ne saurait être tenu responsable si le contenu d’une fiche s’avérait incomplet ou désuet. Nous vous rappelons qu’il est fortement recommandé de consulter un médecin si vous croyez souffrir d’un problème de santé.