Traverser la frontière américaine n'a jamais semblé aussi risqué pour les Canadiens qui y voyaient jusqu’à maintenant une destination sûre et facile. La situation a visiblement changé.
Selon une analyse de données gouvernementales effectuée par CTV News, on observe une hausse marquée du nombre de Canadiens, y compris de très jeunes enfants, arrêtés ou détenus par les autorités de l'immigration américaine (ICE) au cours des deux dernières années.

Si vous prévoyez un voyage chez nos voisins du Sud, voici ce qu’il faut savoir sur ce changement de climat à la frontière.
Des chiffres qui parlent d'eux-mêmes
Les données, obtenues dans le cadre d’un recours judiciaire aux États-Unis, révèlent une accélération frappante des détentions:
- Depuis le début de l'année 2025, plus de 200 Canadiens ont été placés en détention. En comparaison, ce chiffre était de 137 pour toute l'année 2024.
- Entre septembre 2023 et octobre 2025, on compte au total 434 séjours en détention pour des citoyens canadiens.
Pas besoin d'être un «criminel» pour être arrêté
Contrairement aux idées qu’on se fait de ces arrestations, la vaste majorité des Canadiens détenus (environ 84%) n'ont aucun antécédent criminel grave.
La professeure Sharry Aiken, de l'Université Queen’s, a expliqué à CTV News que ce n'est pas la criminalité qui augmente, mais bien la sévérité de l'application de la loi.
Auparavant, une personne dont le visa était expiré ou non valide était simplement invitée à quitter le territoire. Aujourd'hui, le système privilégie la détention systématique, même pour des infractions administratives mineures.
Cette nouvelle réalité est directement liée aux politiques migratoires agressives du second mandat de Donald Trump.

Des enfants enfermés
Le rapport est particulièrement troublant concernant les mineurs. Au moins six enfants canadiens ont été détenus. L'un d'eux est resté enfermé pendant 51 jours, soit bien au-delà de la limite légale de 20 jours fixée par les tribunaux américains.
La prudence est de mise
En entrevue avec CTV News, le professeur Wayne Petrozzi, de l'Université métropolitaine de Toronto, va même jusqu'à suggérer aux voyageurs de ne pas visiter les États-Unis, estimant que «les risques l'emportent désormais sur les avantages.»
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