Santé

Retrouver l’odorat et le goût après la COVID-19 : astuces et explications

Un des symptômes les plus saisissants et les plus communs d’une infection à la COVID-19, c’est une perte soudaine et complète des sens de l'odorat et du goût.

Pour certaines personnes, la capacité de sentir et de goûter revient après quelques semaines (voire quelques mois), tandis que pour d’autres, ce n’est jamais revenu. Certaines personnes vivent avec cette affliction depuis presque deux ans maintenant.

Qu’est-ce qui se passe et comment retrouver l'odorat et le goût si importants? On fait le point.

Pourquoi on perd l'odorat et le goût à cause de la COVID-19?

Le virus qui cause la COVID-19 entre dans le corps par les voies nasales à travers des récepteurs appelés ACE2. Ce sont des protéines qui se trouvent en surface de nombre de nos cellules, et sur lesquelles la protéine en pointe caractéristique du virus peut s’accrocher.

Ces récepteurs se trouvent en très grande concentration dans notre « zone olfactive », qui se situe au-dessus de notre nez. La COVID-19 affecte donc notre nerf olfactif, mais ne s’attaque pas aux neurones elles-mêmes, plutôt seulement aux cellules qui soutiennent ces dernières.

C’est en gros une bonne nouvelle, puisque ça signifie qu’avec la plasticité du cerveau, cette perte des sens n’est pas irrémédiable, donc qu'elle n'a pas besoin d'être permanente.

Le lien entre le goût et l'odorat

L’odorat et le goût sont intimement liés, et même quasi indissociables. En effet, plus de 90 % de ce que l’on goûte nous provient en fait de notre nez. Donc en réalité, c'est uniquement le sens de l'odorat qui est affecté par la COVID-19.

Les gens le ressentent aussi comme une perte du sens du goût, mais il s'agit uniquement d'une perception. La véritable perte complète et autonome du sens du goût s'appelle quant à elle « l’agueusie ». L'agueusie est très rare et comme elle est liée strictement à la langue, elle n’est pas liée à la COVID. La clé pour retrouver le sens du goût suite à la COVID-19 réside donc dans la récupération du sens de l’odorat.

Après une infection à la COVID-19, alors que notre nerf olfactif est « désorienté », il arrive que les deux sens deviennent séparés par contre. Après quelques mois, certaines personnes recommencent à goûter par exemple, mais les odeurs ne reviennent pas, et vice-versa. Tout ceci est dû au nerf olfactif qui essaie de reprendre ses repères.

À lire aussi : Peut-on «booster» son système immunitaire?

Beaucoup plus qu’un simple désagrément

Les personnes qui ont perdu l’odorat et le goût à cause de la COVID disent presque toutes la même chose : quand on sent et on goûte, on le prend énormément pour acquis, jusqu’au jour où on n’y arrive plus.

Loin d’être simplement un désagrément mineur, cette condition peut avoir des conséquences tout à fait sérieuses et même graves.

  • Certaines personnes qui travaillent dans le domaine de l’alimentation ou de la restauration peuvent perdre leur gagne-pain.
  • De nombreuses personnes perdent involontairement du poids, car le fait de manger ne leur procure plus aucun plaisir ou encore les dégoute carrément. Leur nutrition peut ainsi devenir déficiente, et par conséquent, leur santé en souffre.
  • La santé mentale de bien des gens en prend aussi un coup. Les gens deviennent complètement découragés et perdent leur joie de vivre, décrivant cette situation comme « un cauchemar ». Et ce n’est pas uniquement le fait de ne plus sentir leurs aliments préférés qui les déconcertent, mais l’idée de ne plus jamais sentir les fleurs, la pluie, l’odeur de leurs proches, leurs produits préférés…
  • Il existe aussi carrément des dangers liés au fait de ne pas pouvoir sentir ou goûter. Par exemple, une personne peut ne pas sentir que la viande qu’elle est en train de cuisiner n’est plus bonne, qu’il y a une fuite de gaz chez elle ou encore que le feu est en train de prendre!

Anosmie vs parosmie

Le phénomène de perdre le sens de l’odorat s’appelle l'« anosmie »

La « parosmie », quant à elle, correspond plutôt aux dérangements du sens du goût et de l’odorat.

Dans plusieurs cas suite à la COVID-19, les gens subissent d’abord une anosmie, puis au bout de quelques temps, cette condition se transforme en parosmie, c'est-à-dire que le goût et l’odorat reviennent mais sont complètement dérangés. Beaucoup de gens rapportent que les aliments ont une odeur des plus désagréables (pétrole, caoutchouc brûlé, souffre, pourriture, égoûts, vomi, moisissure, oignons et ail avariés). La parosmie peut également se manifester par des odeurs « fantômes », c’est-à-dire des odeurs dégoutantes que quelqu’un sent périodiquement ou en tout temps, même lorsque personne d’autre ne les sent. Ces odeurs vont par exemple de la fumée (odeur de vieux cendrier sale) à celle des « vieilles chaussettes puantes » ou à la « chair en décomposition ».

Le nerf olfactif est capable de se regénérer, mais il arrive qu’il ne le fasse pas correctement, ce qui cause la parosmie.

L’entraînement olfactif

Pour essayer de retrouver le sens de l’odorat, il faut effectuer une stimulation du nerf olfactif, qui permet en quelque sorte de le « réentrainer » et de lui réapprendre ses connexions précédentes.

Cette stimulation doit être fréquente et répétée, donc il faut idéalement le faire quelques fois par jour, tous les jours. Chaque session d’entraînement olfactif devrait durer 15 à 20 minutes au total, à coup de 15 à 20 secondes à la fois, en alternant les odeurs.

En quoi consiste l’entraînement olfactif? Tout simplement à « sentir » différentes odeurs fortes et caractéristiques, tout en essayant de se rappeler du souvenir de leur parfum. Ceci est habituellement réalisé avec des huiles essentielles, mais il peut être fait à partir des vrais items aussi (agrumes, épices, fines herbes, etc.) si vous les avez sous la main.

On peut commencer par 4 odeurs, mais il est bien sûr possible d’en incorporer plus et de varier celles-ci. Il se vend même des kits d’entrainement olfactif sur le marché; ces derniers contiennent habituellement des huiles de citron, d’eucalyptus, de rose et de clou de girofle. Ces 4 odeurs ont été choises parce qu'elles appartiennent à différentes familles de parfum : soit floral, fruité, épicé et résineux.

Attention : on veut uniquement sentir les odeurs et non pas les appliquer sur ou dans le nez. La plupart des huiles essentielles ne doivent pas être directement appliquées sur la peau car elles brûlent.

Voici des exemples d’odeurs pour l'entraînement olfactif :

  • Citron
  • Orange
  • Pamplemousse
  • Eucalyptus
  • Menthe poivrée
  • Thym
  • Rose
  • Lavande
  • Cannelle
  • Romarin
  • Clou de girofle
  • Café

Pour sentir les odeurs des huiles essentielles, on peut tout simplement verser quelques gouttes d’huile dans un petit bol ou autre contenant puis mettre le nez dedans.

Truc anecdotique mais plutôt ingénieux : certaines personnes qui souffrent de parosmie ont pris l’habitude de sentir quelque chose de spécifique juste avant de manger ou lorsqu’elles ont une « crise » d’odeur fantôme. Simplement pour « effacer » la mauvaise odeur de leur cerveau et faire un genre de reset momentané! Une personne expliquait même que pour cet usage, la seule chose qui fonctionnait pour elle était une barre de savon Irish Spring. Auparavant, elle trouvait cette odeur beaucoup trop forte mais post-COVID, elle arrivait à peine à la sentir et trouvait que ce parfum frais fonctionnait à merveille pour « couper » ses odeurs habituelles de nourriture pourrie.

À lire aussi : Tout sur la COVID-19 longue durée

Kit entrainement olfactif

Kit d'entraînement olfactif

Contient les quatre parfums classiques de départ, qui sont les plus souvent utilisés.

37,76 $ sur Amazon

Acheter

Commencer tôt

Tous les experts s’entendent pour dire que c’est important de commencer l’entrainement olfactif le plus tôt possible, c’est-à-dire tout de suite après l’avoir perdu, avant même d’être complètement remis de la COVID.

Par contre, il n’est jamais trop tard non plus pour s’y mettre. Il y a des témoignages de personnes qui avaient perdu le goût et l’odorat depuis plus d’un an et qui ont réussi à le retrouver, une fois qu’elles s’y sont mises sérieusement. L’important, c’est de le faire avec constance et de ne pas se décourager. Parfois, ça peut prendre plusieurs mois avant de commencer à voir des progrès.

Les experts recommendent de faire l'entrainement olfactif pendant un minimum de 3 mois, tous les jours, peu importe s'il y a des résultats ou non.

Des suppléments?

Existe-t-il des suppléments qui peuvent permettre de retrouver le goût et l’odorat? En tout cas, il n’y a rien qui soit scientifiquement prouvé hors de tout doute. Et comme il existe toujours des charlatans qui sont là pour profiter de la détresse ou de la vulnérabilité des gens, attention à ceux qui font des promesses qu’ils ne peuvent pas tenir. Les remèdes miracles existent très rarement dans la vraie vie.

Par contre, voici quelques pistes de solution qu’il est possible d’essayer et qui ont un certain rôle à jouer dans le processus de réparation du système olfactif.

  • Le zinc : Le lien entre une carence en zinc et la perte de l’odorat est déjà bien établi par la science. Il existe des sources de zinc dans l’alimentation, mais il est plausible qu’une infection à la COVID-19 ait pu épuiser les réserves naturelles du corps. Dans ce cas, un supplément, par exemple sous forme de pastilles de zinc, pourrait être utile.
  • Les oméga-3 : Ces derniers sont des anti-inflammatoires, qui sont présentement à l’étude auprès de ceux qui essaient de retrouver leurs sens du goût et de l’odorat et qui « semblent prometteurs » pour cet usage.
  • La vitamine A : Il s’agit d’un autre supplément qui fait présentement l’objet d’études cliniques pour contrer l’anosmie post-COVID-19, à cause de son effet anti-oxydant ciblé.
  • Le Hericium erinaceus, aussi appelé “crinière de lion”: Ce champignon comestible est prisé en médecine traditionnelle chinoise depuis des millénaires. On l’utilise pour son pouvoir régénératif intense, incluant –prétendument- celui de développer et de régénérer des neurones.

Note : Il est toujours important de consulter un professionnel de la santé avant de commencer à prendre des suppléments. Ces derniers pourraient par exemple ne pas vous convenir ou encore interférer avec certains de vos médicaments et traitements.

Champignon crinière de lion

Supplément de champignon Crinière de lion

Le produit est fait au Canada, ce qui assure des standards de qualité

29,95 $ sur Amazon

Acheter

Combiner l’entraînement olfactif, quelques suppléments ainsi que des rinçages réguliers du nez et des sinus sont donc probablement les meilleures armes contre l’anosmie et la parosmie.

Si certaines personnes rapportent une récupération soudaine du goût et de l’odorat, pour plusieurs il s’agit plutôt d’un processus très graduel, subtil et assez long.

Le principal reste de ne pas perdre espoir. Bon courage!

Sinus Rinse

Kit pour le rinçage du nez et des sinus

Ce dispositif, un peu comme un Neti Pot, permet de faire passer le liquide d'une narine à l'autre (et donc d'effectuer un nettoyage complet).

23,85 $ sur Amazon

Acheter

À lire aussi :

Consulter tous les contenus de Marie-Ève Laforte

Certains des objets proposés dans cet article contiennent des liens affiliés, ce qui signifie que nous recevons une petite commission d’affiliation lorsqu’un achat est effectué à partir d’un tel lien. Ne vous en faites pas, il ne vous en coûtera pas plus cher et ça nous permet de continuer à vous offrir du contenu de qualité!