Santé

COVID-19 : ce qu’il faut savoir sur le sous-variant BA.2

Même si on assiste présentement à un changement dans la manière de voir et d’adresser la pandémie dans le monde, ça ne signifie pas pour autant que la COVID-19 a dit son dernier mot. Le sous-variant BA.2, qui est lié à Omicron, est encore d’intérêt pour les experts et est en train de créer une nouvelle vague ici.

Voici ce qu’il faut savoir sur BA.2 :

  1. Il s’agit d’un sous-variant d’Omicron
  2. Il cause pratiquement les mêmes symptômes qu’Omicron
  3. Il est beaucoup plus transmissible
  4. Il cause déjà une 6e vague en Europe et au Canada
  5. Il est présent ici et même désormais dominant.

Qu’est-ce que le sous-variant BA.2?

Il s’agit d’une souche spécifique du virus qui cause la COVID-19. Cette souche est appelée un « sous-variant » parce que bien qu’elle présente de petites différences par rapport à Omicron, ces dernières ne sont pas assez importantes pour que BA.2 soit considéré comme un variant propre, avec son « nom » de lettre grecque (à part Omicron il y a aussi eu Alpha, Beta, Delta, etc.).

Rappelons qu’Omicron est lui-même considéré comme un variant du virus original de la COVID-19, identifié à la fin de l'année 2019. C’est en fait un comportement normal de tous les virus ; ils mutent et se transforment constamment. Bien que partageant la même origine, le virus qui infecte les gens avec la COVID-19 en ce moment est assez différent du virus qui circulait au printemps 2020! Les variants et sous-variants ne sont qu’une manière de catégoriser et de suivre la progression du virus pour la communauté scientifique.

À lire aussi : Tout sur la COVID-19 « longue durée »

Qu’est-ce qui caractérise BA.2?

Au point de vue scientifique, ce qui distingue BA.2 d’Omicron sont quelques mutations au niveau de la fameuse protéine à pointes (en couronne) qui caractérise les coronavirus.

Le sous-variant BA.2 cause pratiquement les mêmes symptômes que le variant Omicron. Sa principale différence est que BA.2 est plus transmissible ; soit environ une fois et demie la « contagiosité » d’Omicron.

Rien n’indique que BA.2 soit plus sévère qu’Omicron. En fait, l'OMS a même fait remarquer qu'en pleine vague liée à BA.2, le monde avait enregistré son nombre herbdomadaire de décès liés à la COVID le plus bas depuis le début de la pandémie en 2020. 

Plusieurs pays vivent une 6e vague

Une vague de COVID-19 est bien présente dans plusieurs pays d’Europe en ce moment, directement lié à la transmission de BA.2 -qui est désormais dominant en France, au Royaume-Uni et au Danemark entre autres. Ces pays ont connu dans les dernières semaines une très forte progression de cas de COVID-19 et ce, dans un contexte où on assiste en même temps à un relâchement généralisé des mesures. Comme l'Europe a toujours été quelques semaines avant nous pour les vagues de COVID, il est intéressant de constater qu'au début avril, cette vague semble déjà ralentir légèrement après un mois de forte contamination. Ceci pourrait signifier qu'encore plus que la 5e vague liée à  Omicron, la 6e vague pourrait être intense, mais d'assez courte durée ici aussi.

Une 6e vague également au Canada

Le sous-variant BA.2 est bel et bien présent ici. Il a été identifié dès cet hiver, à la fois au Québec ainsi que dans les autres provinces. À la fin mars, la santé publique a confirmé que le Québec était désormais entré dans sa 6e vague. À cause de sa propagation rapide, BA.2 est même désormais la souche dominante du virus qui cause la COVID-19, a récemment affirmé le ministre de la Santé Christian Dubé. Le ministre a aussi confirmé que BA.2 « frappait fort » dans les régions du Québec

Les hospitalisations remontent fortement en ce moment au Québec, en hausse de 21 % depuis la dernière semaine de mars. 

Plusieurs autres provinces comme l'Ontario, la Colombie-Britannique et le Manitoba rapportent également une hausse marquée des cas actuellement.

Les réinfections rapides en hausse

Depuis plus de deux ans de pandémie, il nous est arrivé plusieurs fois de devoir rapporter/annoncer des mauvaises nouvelles que personne n'avait envie d'entendre. Mais celle-ci est peut-être la plus déchirante : de plus en plus de personnes rapportent, avec Omicron/BA.2, des réinfections rapides à la COVID-19. On parle de 8 semaines, 6 semaines ou parfois même 4 semaines après l'infection initiale. Et ces 2e infections n'étaient pas asymptômatiques, ni nécessairement moins difficiles que les premières.

Selon Le Devoir, le risque de tomber malade 2 fois en très peu de temps serait même « 10 fois plus élevé avec Omicron qu'avec le Delta ». Même s'il existe encore peu de données à ce sujet et que le risque de réinfection varie grandement selon les groupes d'âge (les personnes âgées étaient très peu susceptibles d'être réinfectées comparées aux enfants), le taux de réinfection pouvait être aussi élevé que 24 % chez les 10 à 14 ans. 

Chose certaine, même après une infection au BA.2, c'est important de ne pas se croire immunisé à long terme.

D'autres sous-variants détectés

Comme c'est pratiquement toujours le cas avec des virus en forte circulation, des mutations continuent de se produire avec celui qui cause la COVID-19. C'est ainsi que l'OMS a ajouté deux autres sous-variants d'Omicron, soit BA.4 et BA.5, sur sa liste « sous surveillance » le 12 avril dernier. 

Cela signifie que l'Organisation Mondiale de la Santé est présentement en train d'investiguer pour déterminer si ces sous-variants sont plus contagieux, plus sévères ou plus résistants aux vaccins par exemple.

Alors que l'OMS a noté qu'environ 94 % des nouveaux cas de COVID-19 séquencés appartenaient désormais au sous-variant BA.2, de plus en plus de cas liés à BA.4 et BA.5 apparaissent désormais, notamment en Afrique du Sud, pays où le variant Omicron est d'abord apparu en novembre 2021. BA.4 est également présent dans d'autres pays, comme le Royaume-Unis, les États-Unis et le Danemark.

De plus, l'OMS surveille un autre sous-variant d'Omicron, appelé XE. Ce sous-variant combinerait des caractéristiques de BA.1 (le sous-variant Omicron original) et de BA.2. XE serait environ 10 % plus contagieux encore que BA.2 seul.