Santé

Tout savoir sur la vaccination contre la COVID-19

Par : Marie-Ève Laforte

Disponibilité, éligibilité et détails sur les vaccins : voici ce qu’il faut savoir sur la campagne de vaccination contre la COVID-19 présentement en cours.

1. Quels vaccins sont disponibles?

Pour les adultes

Santé Canada a, jusqu’à maintenant, approuvé 4 vaccins contre la COVID-19 pour les personnes de 18 ans et plus.

Deux vaccins à ARN messager, une nouvelle technologie qui n’avait jamais été approuvée auparavant :

·      Celui de la compagnie américaine Pfizer, qui l’a développé en partenariat avec le laboratoire allemand BioNTech

·      Celui de la compagnie américaine Moderna.

Deux vaccins à vecteur viral, qui est la technologie la plus commune reliée aux vaccins :

·      Celui de la compagnie suédo-britannique Astra-Zeneca, développé en partenariat avec l’Université d’Oxford en Angleterre

·      Celui de la compagnie américaine Johnson & Johnson.

Le vaccin d’Astra-Zeneca est le seul à posséder deux approbations : le vaccin « Oxford », fabriqué en Europe, est considéré comme distinct du vaccin « Covisheld », qui est fabriqué en Inde. Dans les faits, il s’agit exactement du même vaccin mais Santé Canada a révisé le processus de fabrication spécifique au Covishield pour s’assurer qu’il était conforme.

Une autre entreprise a déjà soumis une demande d’approbation pour son vaccin à Santé Canada : il s’agit de la (petite et nouvelle) pharmaceutique américaine Novavax. Ce vaccin n’est toutefois toujours pas approuvé parce qu’il manque encore des données liées à leur plus importante étude clinique. Ces résultats devraient être disponibles sous peu.

Un vaccin additionnel est de plus toujours dans la course : celui de l’entreprise de Québec Medicago, qui en partenariat avec la pharmaceutique britannique GlaxoSmithKline a lancé son étude clinique de Phase 3 en mars dernier. Les résultats de cette étude sont attendus plus tard en 2021.

S’il est éventuellement approuvé, le vaccin de Medicago ne pourra pas participer à l’effort initial de vaccination contre la COVID-19 en cours, mais il pourrait s’avérer fort utile tout de même.

D’abord parce qu’avoir un fabricant de vaccins au Canada serait hautement stratégique, mais aussi parce que même après que la plupart des pays développés auront terminé cette première phase de vaccination, il restera de nombreux endroits à immuniser sur la planète. Finalement, si comme les scientifiques le croient, la COVID-19 deviendra endémique, c’est-à-dire qu’elle s’installera pour de bon avec des vagues comme pour la grippe, les gens devront répéter leur vaccination souvent (peut-être chaque année).

Pour les adolescents

Désormais, le vaccin de Pfizer est également approuvé par Santé Canada « officiellement » pour les 12 à 15 ans. Mais dans les faits, cela signifie plutôt que les 12 à 17 ans seront maintenant en mesure de reçevoir le vaccin.

En effet, Pfizer avait fait son étude clinique originale et soumis son dossier d’approbation l’an dernier pour les 16 ans et plus. Toutefois, Santé Canada avait décidé d’approuver d’abord le vaccin uniquement pour les adultes, donc la vaccination n’était auparavant pas offerte aux moins de 18 ans. C’est ce qui explique la différence entre les groupes d’âge. Santé Canada s’est basée sur les données de deux études différentes et les a combiné en une seule approbation : l’étude clinique originale (qui traitait des 16-17 ans), et celle qui concernait spécifiquement les 12-15 ans. Ceci permet désormais de confirmer l’efficacité et la sécurité de ce vaccin pour toute la tranche d’âge des adolescents.

Les vaccins de Moderna et de Johnson & Johnson pourraient éventuellement être approuvés pour les adolescents, puisque ces pharmaceutiques mènent aussi présentement chacune leur étude auprès des 12 ans et plus. Le directeur de la Santé Publique du Québec, le Dr. Arruda, a récemment confirmé que celui de Moderna pourrait être approuvé dans les prochaines semaines pour les ados.

Vaccins contre la COVID-19

2. Comment prendre un rendez-vous de vaccination?

Tous les rendez-vous pour la vaccination de 1ere dose se prennent à partir du site Clic-Santé du gouvernement du Québec. À partir de la page d’accueil, il faut choisir l’option « Vaccin COVID-19 » dans le champ « Sélectionnez un service », puis entrer le code postal pour obtenir de l’information liée au lieu de résidence.

Pour prendre rendez-vous, la carte d’assurance-maladie est nécessaire. Le vaccin est gratuit pour tous.

Il est possible de s’inscrire uniquement si on fait partie d’un « groupe d’âge éligible ». En ce moment, toutes les personnes de 12 ans et plus sont éligibles.

Même si la priorisation d’un groupe d’âge est passée, il est toujours possible de s’inscrire quand même! L’éligibilité est inclusive : toutes les personnes et les groupes qui ont déjà été visés par l’ouverture des rendez-vous demeurent éligibles jusqu’à la fin.

Le site Clic-Santé proposera différentes options aux personnes : centres de vaccination près du domicile, pharmacie, vaccination en entreprise, etc. Chaque personne est libre de trouver un rendez-vous où elle le souhaite parmi ces options.

3. Comment fonctionne la 2e dose?

Lors des rendez-vous de vaccination de première dose à venir, un autre rendez-vous est automatiquement assigné et remis au patient, qui reçevra de plus des rappels par courriels et/ou textos.

Pour les gens qui ont déjà reçu leur première dose, la procédure est différente et a changé.

D’abord prévue pour être administrée environ 4 mois après la première dose, la 2e dose de vaccin contre la COVID-19 a finalement devancée au Québec à 8 semaines, puis à 4 semaines. Ceci dépend uniquement de la disponibilité des vaccins et n'est pas relié au développement de l'immunité.

Le gouvernement en a fait l’annonce officielle : tous les Québécois qui le souhaitent devraient désormais pouvoir reçevoir leur 2e dose d’ici le 31 d’août.

On se rappelle que le gouvernement avait décidé d’espacer au maximum l’administration de la 2e dose, dans le but de vacciner le plus de gens possibles auparavant. Mais deux facteurs ont changé la donne : le 75 % de la population adulte vaccinée avec une première dose qui est désormais atteint, et le Québec recevra un grand nombre de doses de vaccins en juin. Grâce à cela, il est désormais possible d’envisager un « retour à la normale » plus tôt que prévu.

À noter : Les gens vaccinés avec le vaccin de Johnson & Johnson n’ont pas besoin de 2e dose. Il s’agit à l’heure actuelle du seul vaccin approuvé au Canada qui fonctionne avec une seule dose.

À lire aussi : Les symptômes de la COVID-19 en détail

Vaccin COVID-19

5. Est-ce possible d’avoir un vaccin différent pour la 2e dose?

Au départ, la santé publiquer privilégiait le fait de recevoir le même vaccin pour les 2 doses. Toutefois, à l'heure actuelle, selon l'arrivage des vaccins, il a été décidé qu'il serait possible de changer de vaccin entre les doses. Cette manière de faire permettrait d'obtenir une excellente immunité, mais serait toutefois associée à plus d'effets secondaires post-vaccination.

6. La vaccination des adolescents

La vaccination des 12 à 17 ans a majoritairement lieu dans un contexte scolaire, mais différents scénarios sont possibles: amener les enfants en autobus à un centre de vaccination, offrir la vaccination sur place à l'école, etc. Les parents peuvent également désormais prendre un rendez-vous sur Clic-Santé de façon autonome pour leur enfant.

Cette campagne de vaccination touche environ 500 000 adolescents québécois.

Les personnes de 14 ans et plus peuvent consentir elles-mêmes à reçevoir le vaccin. Les enfants de 12 et 13 ans ont besoin d’une approbation parentale.

 

7. La vaccination des enfants

Les enfants de 11 ans et moins seront les derniers à être vaccinés contre la COVID-19. Il s’agit d’un processus normal : les études cliniques sont toujours d’abord menées sur des adultes, pour finalement reculer graduellement l’âge des participants, par mesure de précaution.

Moderna et Pfizer mènent présentement chacune une étude clinique sur des enfants âgés de 6 mois à 11 ans. Astra-Zeneca mène quant à elle une étude sur les enfants de 6 ans et plus. Pour l’instant, Johnson & Johnson se concentre sur les adolescents, mais planifie d’élargir ses études aux enfants plus jeunes dans l’avenir.

Les études menées sur des enfants prennent en général beaucoup plus de temps à être complétées que celles qui ne concernent que des adultes, ce qui explique le délai. Plus les enfants sont jeunes et plus les précautions sont nécessaires... L'approbation des vaccins risque donc d'être scindée par groupe d'âge: les 6 à 11 ans d'abord d'ici l'automne 2021, puis les plus jeunes vers la fin de l'année ou au début 2022. 

Les enfants sont le groupe d’âge le moins vulnérable à la COVID-19, mais ils peuvent tout de même transmettre la maladie. Il n’est pas possible d’atteindre une réelle immunité de masse sans aussi vacciner les plus jeunes.

8. Le passeport d’immunisation

Les Québécois vaccinés pourront bientôt avoir accès à deux types de preuve de vaccination : le gouvernement fédéral a parlé d’un passeport d’immunisation pour permettre aux Canadiens d’éventuellement recommencer à voyager.

Le gouvernement provincial fournit également un code QR de vaccination à quiconque souhaite le reçevoir. Ce code contiendra de l’information sur les doses reçues, les dates et le type de vaccin administré. L’utilisation réelle de ce code n’est pas encore tout à faire claire, donc des précisions pourraient survenir dans les prochaines semaines.

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9. Y aura-t-il une 3e dose de vaccin contre la COVID-19?

Maintenant qu'une large majorité des Canadiens sont adéquatement vaccinés, on entend de plus en plus parler de la 3e dose de vaccin. En effet, les États-Unis ont un peu surpris tout le monde dernièrement en annonçant que la 3e dose (souvent appelée un "booster") sera disponible pour tous les Américains qui le souhaitent dès le mois de septembre.

Pourquoi surpris? Il y a deux principales raisons. 1-En dehors d'une poignée de pays riches et industrialisés, la vaccination dans le monde n'est vraiment pas encore très avancée! De nombreux pays ont encore beaucoup de mal à se procurer des vaccins et ainsi à bien protéger leur population. Faut-il le rappeler: il n'y a pas de porte de sortie de cette pandémie sans que l'ensemble de la planète soit suffisamment vaccinée... C'est pourquoi l'Organisation Mondiale de la Santé a clairement exprimé son indignation envers les États-Unis après l'annonce de cette mesure, leur demandant d'attendre au moins jusqu'à ce qu'une plus grande porportion des gens sur la planète ait reçu au moins une dose. (Les États-Unis n'ont pas donné suite à cette demande). Et 2-Pour un pays avec autant de moyens et de pouvoir, les États-Unis sont en fait étonnamment peu vaccinés (pour des raison politiques et non d'accès aux vaccins), avec environ 1 personne sur 3 qui n'a reçu aucune dose (ce qui correspond à plus de 100  millions de personnes). Une stratégie plus efficace pour se protéger de la COVID-19 serait donc d'améliorer leur taux de vaccination global plutôt que d'offrir une 3e dose aux personnes déjà bien protégées.

Enfin bref, cette 3e dose pour tous n'est pas pour l'instant une priorité pour le Canada, a indiqué la Dre Teresa Tam, responsable de la santé publique au pays. La médecin en chef a toutefois ajouté que son équipe était en train d'analyser les données disponibles à ce sujet et pourrait bientôt suggérer une 3e dose pour les Canadiens immunosupprimés. Une autre population qui pourrait ensuite être visée serait les personnes âgées qui vivent en millieux fermés, comme des résidences ou des CHSLD.

La Dre Tam a plutôt urgé la population générale d'être patients avant de reçevoir une éventuelle 3e dose, précisant que contrairement aux États-Unis, il y avait ici peu de cas de COVID chez les personnes complètement vaccinées.

Toutefois, malgré cette directive fédérale, il est déjà possible pour certaines populations vulnérables en Ontario de reçevoir une 3e dose. Et au Québec, les personnes qui ont reçu un mélange de vaccin et qui doivent se rendre, pour une raison essentielle, dans un pays qui ne reconnaît pas cette mesure, peuvent également compléter leur vaccination avec une 3e dose d'un vaccin à ARN messager. 

Le Canada toutefois a déjà indiqué que le pays possède assez de doses pour offrir, éventuellement, un booster à la population. C'est donc une question de temps... Mais peut-être uniquement l'année prochaine. (Certains vaccins, comme ceux de la grippe, doivent en effet être répétés chaque année).

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