Santé

Tout sur la COVID-19 longue durée

Par : Marie-Ève Laforte

La majorité des personnes qui attrapent la COVID-19 sont complètement rétablies quelques semaines (jusqu’à 4, voire même 6) après leurs premiers symptômes.

Toutefois, le virus de la COVID-19 demeure particulier dans le sens où une certaine proportion de patients présente des symptômes débilitants qui persistent à long terme, jusqu’à ce jour.

Un tour de piste de ce phénomène que l’on appelle la « COVID longue ».

Quelles sont les manifestations de la COVID longue?

  • Le symptôme le plus courant est la fatigue : pour certains, cette fatigue est modérée, mais pour d’autres elle est très sévère et incapacitante. Il n’est pas rare de voir des personnes très actives auparavant qui ne sont maintenant plus capables de travailler ni même de mener leurs activités quotidiennes, même les plus anodines. Tout devient un énorme défi.
  • Un autre symptôme important est l’essoufflement, qui s’accompagne parfois d’une toux persistante.
  • La perte du goût et de l’odorat sont aussi très fréquents : il est à noter que ce symptôme est également présent à long terme chez beaucoup d’autres personnes qui ont eu la COVID, même si elles semblent parfaitement rétablies.
  • Des douleurs musculaires et aux articulations font également partie des symptômes de la COVID-19 longue durée.
  • Des problèmes de mémoire, une difficulté à se concentrer ou même à avoir des pensées claires s’ajoutent à ces symptômes.
  • Finalement, certaines personnes atteintes de la COVID longue ont développé des palpitations cardiaques ainsi que des problèmes neurologiques.

 

Combien de gens sont affectés par la COVID-19 longue durée?

Au moins 10% des personnes qui attrapent la COVID-19 ont des symptômes qui persistent même une fois que le virus n’est pas présent dans leur organisme, mais ce chiffre pourrait être plus important.

Certaines sources parlent de 1 patient sur 4 voire même 1 patient sur 3! Ceci représente beaucoup de monde : si l’on considère à l’heure actuelle qu’autour de 372 000 québécois ont attrapé le virus, l’estimé le plus conservateur signifierait que 37 000 personnes souffrent maintenant de COVID longue.

Les deux tiers des personnes affectées par la COVID longue sont des femmes. Le groupe d’âge le plus susceptible d’être affecté sont les 35 à 49 ans.

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Qui est particulièrement à risque de souffrir de COVID longue?

Ce ne sont pas uniquement des gens qui ont eu une maladie sévère qui peuvent souffrir de la COVID-19 longue durée, au contraire!

Plusieurs personnes dont la vie s’est trouvée bouleversée par cette condition n’ont eu au départ qu’une maladie légère, voire même asymptomatique (c’est le cas pour 30% d’entre eux).

Ce ne sont pas non plus uniquement des personnes âgées ou des malades chroniques. Beaucoup de personnes sont jeunes et la plupart étaient en parfaite santé avant.

La réaction post virale est un phénomène connu

Ce type de syndrôme post-viral n’est pas inédit : il a déjà été identifié avec d’autres types de virus. Il existe par exemple des données sur les Canadiens ayant contracté le SRAS (un autre coronavirus) en 2003. Plus d’un an plus tard, environ 20% des patients n’étaient en effet toujours pas rétablis. La différence, c'est que comme très peu de gens avaient eu le SRAS comparé à la COVID-19, ces patients étaient en très petit nombre et ont reçu peu d’attention.

Aujourd’hui, la COVID-19 qui a infecté au moins 175 millions de gens dans la dernière année environ, expose ce problème de manière beaucoup plus aïgue qu’auparavant. Lorsque la pandémie sera enfin terminée, la COVID longue demeurera peut-être la séquelle de santé la plus importante liée à ce virus devant être prise en charge par la santé publique.

Le virus d’Ebola et la maladie de Lyme chronique sont d’autres exemples d’infections qui laissent des conséquences à long terme dans la vie des personnes affectées. Le phénomène s’apparente également à celui du syndrôme de fatigue chronique, qui lui aussi apparaît souvent à la suite d’une infection virale (telle que la grippe par exemple).

Déjà plusieurs cliniques au Québec

Environ 16 mois après le début de la pandémie, plusieurs cliniques de recherche post-COVID ont vu le jour au Québec : à Montréal, à Sherbrooke, à Saguenay et en Montérégie. Plusieurs voix s’élèvent à l’heure actuelle pour qu’une clinique spécialisée voit également le jour à Québec.

La première clinique du genre dans la province, celle de Sherbrooke qui a ouvert ses portes à l’été 2020, suit déjà actuellement plus de 400 patients affectés par la longue COVID.

À l’heure actuelle, il n’existe pas à proprement parler de traitement pour la COVID longue, puisque peu de facteurs sont encore bien connus et compris sur cette maladie chronique. Mais il est important que les patients soient pris en charge, qu’ils soient écoutés et que leurs symptômes soient adressés, un par un. Il ne faut surtout pas perdre espoir d’une amélioration de la condition.

Note

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Marie-Ève
Par : Marie-Ève Laforte