Santé

Tout savoir sur la réinfection à la COVID-19

Après plus de deux ans de pandémie, c’est désormais la majorité des gens qui ont eu la COVID-19 au Québec. Mais si auparavant l’attraper une 2e fois était un phénomène assez rare, on entend de plus en plus parler de gens qui ont eu une réinfection à la COVID*. L’Institut national de la santé publique du Québec, qui affirme que les réinfections sont « peu fréquentes », a tout de même instauré une vigie du phénomène de réinfection, pour tenter de mieux le comprendre et l’évaluer.

Qu’est-ce qu’on sait sur la réinfection à la COVID-19 à l’heure actuelle? Voyons voir.

Les réinfections sont malheureusement en hausse

Le Royaume-Uni, qui a vécu sa 6e vague avant la nôtre, vient de publier un rapport assez décourageant, dans lequel il indique que le risque d’être réinfecté avec la COVID-19 est 10 fois plus important avec Omicron qu’avec le variant Delta (le variant prédominant précédent).

Au sein de la population de ce pays, le risque de réinfection était plus élevé pour les personnes :

  • Non-vaccinées.
  • Plus jeunes.
  • Qui avaient eu peu ou pas de symptômes lors de leur première infection.

Une autre étude menée au Qatar évaluait que le risque de recontracter la COVID-19 après un mois et demi serait entre 5 % et 12 %. Selon l’infectiologue Dr. Donald Vihn de l’Université McGill, ceci correspond à « un taux élevé. »

Il serait possible de s’infecter avec les différents sous-variants

Même si tous les experts ne s’entendent pas là-dessus, plusieurs affirment qu’il existe assez de différentes entre les variants et sous-variants pour que la réinfection soit possible.

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Ainsi, quelqu’un qui aurait eu le Delta en décembre par exemple serait particulièrement susceptible d’être infecté rapidement avec Omicron, et même quelqu’un qui aurait eu Omicron cet hiver pourrait être réinfecté par son sous-variant BA.2. Selon le virologue de l’UQAM Benoît Barbeau, « si vous avez été infecté par Omicron, vous pouvez être infecté par Delta ou par BA.2. Ils sont suffisamment différents pour que le risque de réinfection ne soit pas à zéro, surtout si les anticorps ont eu le temps de diminuer ».

Un article du journal Le Devoir rapporte plusieurs réinfections rapides vécues par des Québécois.es dernièrement incluant une famille qui a re-testé positif seulement 4 semaines (!) après leur maladie initiale. Dans tous ces cas, la 2e infection n’était ni asymptômatique, ni plus légère que la première.

Taux de réinfection COVID

Les taux de réinfection varient selon l’âge

Si on se fie à des données provenant de l’organisme Long COVID Kids et qui proviennent du Royaume-Uni, le risque de réinfection serait assez variable selon l’âge des personnes.

Ainsi, après 3 mois, les taux de réinfection relevés par l’organisme seraient d’environ :

  • 4,5 % chez les tout-petits de 5 ans et moins.
  • 17 % chez les enfants plus vieux.
  • 24 % chez les adolescents.
  • 17 % chez les jeunes adultes dans la vingtaine.
  • 14 % chez les adultes dans la trentaine.
  • 15 % chez les personnes dans la quarantaine.
  • 9 % chez les personnes dans la cinquantaine.
  • 6 % ou moins chez les gens dans la soixantaine.
  • 3 % chez les gens dans la soixante-dizaine.
  • Avec une remontée chez les gens de 80 ans et plus, incluant 11 % chez les personnes dans la quatre-vingt-dizaine.

Combien de temps reste-on immunisé après une infection à Omicron?

Il est difficile de répondre à cette question, puisque cette immunité est probablement très variable pour chacun.

Jusqu’à maintenant, nombre d’autorités en santé continuent (comme par exemple la CDC aux Étatis-Unis) d’affirmer que les vaccins, l’infection ou une combinaison des deux protègeraient contre une réinfection pendant « au moins 6 mois ». Mais par contre, les plus récentes données spécifiques à Omicron - qui sont encore peu nombreuses - suggèrent que la protection dure moins longtemps que ce délai. Les gens qui auraient une « immunité hybride, » c'est-à-dire 3 doses de vaccin + une infection à la COVID, seraient les mieux protégés contre la réinfection, Mais encore, le terme mieux dans ce cas est relatif!

Par exemple, une étude menée en Californie a révélé qu’une infection avec Omicron suscitait une réponse immunitaire beaucoup moins forte qu’avec le Delta, soit de l’ordre de 10 fois moins.

Ceci pourrait être dû au fait qu’Omicron cause généralement des symptômes plus « légers » que Delta ne le faisait. Puisque selon cette même étude, les anticorps étaient 12 fois moins élevés chez ceux qui avaient été asymptomatiques ou avaient eu très peu de symptômes que chez ceux qui avaient été plus malades (forme modérée ou sévère de la COVID-19).

Chose certaine, le taux de réinfection dépend beaucoup de la prévalence de la maladie. Plus il y a de gens qui l'attrapent (comme dans la 7e vague que nous connaissons présentement avec BA.5), et plus il y a de chances de se réinfecter, c'est bien évident!

Un cas récemment répertorié en Espagne décrit une infirmière qui a testé positif pour la COVID 2 fois en 20 jours! C'est le record officiel de la réinfection la plus courte. Lors de première infection, elle n'avait pas eu de symptômes, tandis que 3 semaines plus tard elle a été malade.

Officiellement au Québec à l’heure actuelle, on considère que la protection d’une personne contre la réinfection est de 3 mois après avoir reçu un diagnostic de COVID-19. C’est sur cette donnée que se base le gouvernement pour déterminer que la 4e dose de vaccin devrait être reçue 3 mois après la dose précédente.

Même s’il faudra probablement plus de temps avant de l’établir hors de tout doute, les réinfections en hausse liées à Omicron semblent indiquer que la période d’immunité est donc réduite, particulièrement pour ceux qui ont eu peu ou pas de symptômes la première fois. Le mieux reste toujours d’être prudent et de continuer à se protéger, à partir de quelques semaines après son infection initiale. Rester à jour dans ses vaccins est également prudent, par exemple aller chercher sa 4e dose, particulièrement si on est une personne à risque.

*Certaines personnes ont même eu la COVID-19 3 fois en 2 ans. Oui, il s’agit de cas anecdotiques et souvent parmi le personnel de la santé, qui est exposé à la maladie à plus grande échelle que la population générale… Mais il reste que cela démontre que l’immunité apportée par la maladie ne dure pas à long terme, malgré la réinfection.