Il y a 30 ans, le psychanalyste Guy Corneau fondait l’organisme Hommes Québec. Voilà une occasion aux hommes de parler de leur santé mentale en groupe. Cette année, l’animateur et auteur Richard Turcotte ainsi que l’auteur-compositeur-interprète Jean-François Breau sont les porte-paroles de la nouvelle campagne intitulée Briser le silence, c’est fort. En entrevue, le membre du groupe Salebarbes s’est ouvert sur sa faciliter à parler notamment grâce à sa précieuse relation avec son père.

Un père présent et à l’écoute
Quand on demande à Jean-François Breau pourquoi il est évident pour lui de véhiculer ses émotions et sa sensibilité, il n’hésite pas à lancer: «J’ai été élevé comme ça.» Toute suite, il décrit sa relation avec son père de 77 ans avec qu’il parle de nombreuses fois par semaine.
Pendant l’entretien, des souvenirs d’enfance lui reviennent: «C'est quelqu'un qui durant toute ma jeunesse était là pour écouter.» Certes, son papa était là pour l’entendre, mais aussi pour s’ouvrir à lui: «J'ai plein de moments où est-ce que je l'ai vu vulnérable», explique-t-il. Ainsi, il est d’avis que cet exemple paternel l’a aidé à faire de lui un homme qui s’ouvre sur ses émotions aujourd’hui.
Un cercle d'amis qui parle
Il n’y a pas que dans la famille du chanteur que la communication est facile. C'est aussi le cas dans son groupe Salebarbes où les amis ne s’empêchent pas de parler de leurs émotions: «Il y a une des raisons pour lesquelles ça fait 10 ans qu'on est ensemble, c'est pas juste par la musique, c'est parce que quand on part en tournée, sur la route, on ne parle pas que de musique, on parle de toutes sortes d'affaires de la vie: des stress, des pressions, des joies, des peines on n'a pas peur de se parler», explique-t-il fier de leur relation.

D’ailleurs, lorsqu’il nous parle de ses partenaires de scène, il pense aussi à ses amis d’enfance qui osent discuter de leur santé mentale: «Je fais le bilan, aujourd'hui, puis je me rends compte que ces amis-là sont encore dans ma vie parce qu'on n'a jamais eu peur de se parler. »
Bien que pour certains hommes, véhiculer ses états d'âme s'avère être un signe de faiblesse, Jean-François ne partage pas cet avis: «Pour moi, ce n'est pas un signe de force de dire ‘’je vais tout garder pour moi’’. C'est un signe de force de dire ‘’Je suis capable de me montrer dans mes faiblesses aussi et ma vulnérabilité’’.»
Échanger ses inquiétudes avec d’autres hommes
L’organisme Hommes Québec promet d’accompagner les hommes à parler de leur santé mentale. Elle offre des rencontres de groupe en présentielles ou en virtuelles et donne un lieu d’échanges sans jugement. Aucun professionnel de la santé n’est présent durant les séances: «Il n'y a pas de conseil à donner, c'est juste de l'écoute et de l’échange». Les participants peuvent ainsi s’outiller les uns entre les autres et s’inspirer du vécu de tous.
Pour ceux qui seraient réticents à l’idée de s’inscrire, Jean-François répond: «C'est bien plus facile de parler que pas.»
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