Sexualité

Le point G : mythe ou réalité?

Ah, le célèbre point G... Mais qui est-il vraiment, et surtout, où se trouve-t-il?!

Plusieurs éléments de la sexualité demeurent tabous, et le point G se place probablement au top des sujets sexu mystérieux et controversés! On fait le tour de la question et on démystifie le sujet une bonne fois pour toute.

Une découverte récente

Est-ce surprenant de réaliser à quel point tout ce qui est spécifique à la sexualité féminine a été très peu étudié? La découverte officielle du point G date de 1950, et G est pour le nom de famille du détenteur de cette « découverte », un médecin allemand appelé M. Graffenberg. Oui, cette situation pourrait être la définition même du mansplaining : un homme qui « découvre » une partie de l’anatomie féminine existant déjà depuis la nuit des temps, et y donne son nom sans hésitation. Pas génial.

Plus récent que ça encore : pour le grand public, le point G a fait son apparition uniquement en… 1982 ; dans un livre du même nom.

Dans un même ordre d’idée, et encore assez peu de gens le savent, la « découverte » officielle de l’anatomie réelle du clitoris est aussi incroyablement récente, soit… 1998! Non, le clitoris n’est donc pas seulement un « bouton » à la surface, mais un organe complet qui s’étend sur une dizaine de centimètres à l’intérieur. Ça peut sembler différent du point G, mais en fait c’est totalement lié… Et on va y revenir sous peu.

C’est quoi, ce fameux point G?

Tout d’abord, ce n’est pas un « point », dans le sens que sa superficie n’est pas précise ni minuscule. Il s’agit plutôt d’une zone située à l’intérieur du vagin, à quelques centimètres de l’entrée de celui-ci, contre l’os pubien (donc du côté du devant du corps).

Cette zone serait reconnaissable au toucher par le fait qu’elle est plus rugueuse que le reste de la paroi vaginale – qui est, quant à elle, assez lisse. Lorsqu’elle est stimulée, cette zone se gorge de sang et prend de l’expansion.

L’orgasme « du point G » serait très intense, souvent ressenti à travers tout le corps. La sensation de plaisir peut être différente de celle d’un orgasme « dit » spécifiquement clitoridien, soit par stimulation du clitoris uniquement. Lors de l’orgasme, un liquide serait produit et pourrait, chez certaines femmes, être expulsé par le vagin (la fameuse éjaculation féminine). Ce n’est pas une situation qui se produirait à tout coup par contre, et ça ne doit pas être un objectif non plus. Peu importe la source du plaisir, tant qu'on en a! Bref, le point G mérite d'être découvert!

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Comment trouver ton point G?

  • Par stimulation manuelle, seule ou avec partenaire : masser l’intérieur de la paroi vaginale, vers le devant, avec un ou quelques doigts, en essayant de trouver l’endroit où la peau est plus rugueuse, qui devrait aussi susciter des sensations plus titillantes qu’à côté. Le mouvement du ou des doigts devrait ressembler au geste fait pour signifier « viens ici ». Il est possible, au début, de ressentir une légère envie d’uriner, à cause de la proximité avec la vessie. Mais l’important est de se laisser aller aux sensations... Il ne faut pas hésiter à guider son/sa partenaire à l’endroit exact qui fait monter l’excitation, le type de pression qui fait le plus de bien, etc.
  • Pendant la pénétration avec partenaire : en fait, la fameuse position du missionnaire serait probablement la moins optimale pour stimuler le point G. Le mieux reste de se positionner au-dessus du partenaire, soit en position assise ou allongée/semi-allongée. Ceci permet à la femme de contrôler le mouvement/la cadence et de se concentrer sur les sensations. Il ne faut pas hésiter à déplacer un peu le bassin jusqu’à trouver le positionnement idéal qui atteint précisément le bon « spot »!
  • Avec l'aide d'un jouet sexuel (seule ou avec partenaire) : Il existe sur le marché des jouets sexuels spécialement conçus pour stimuler le point G de l’intérieur. Contrairement aux vibrateurs traditionnels, ces derniers sont recourbés et habituellement moins longs/moins larges (ils ne sont PAS faits pour imiter un pénis, disons-le ainsi). Certains d’entre eux peuvent simultanément stimuler le clitoris de l’extérieur.

La stimulation du point G n’a d’ailleurs pas besoin d’être réalisée en vase clos… Il peut être plus facile d’atteindre l’orgasme, surtout au début, en la combinant avec autre chose : stimulation des mamelons, masturbation clitoridienne si lors d’une pénétration, etc.

cottonbro/Pexels

Le mythe versus la réalité

La notion-même du point G est controversée car depuis que cette zone érogène a été identifiée, de nombreuses femmes affirment ne pas posséder cet attribut (non pas faute d’avoir essayé de le trouver), tandis que la médecine ne parvient pas à cerner exactement un endroit universel de l’anatomie qui serait si spécifiquement sensible.

Dans les dernières années, une étude britannique ayant fait beaucoup de bruit est même venue à la conclusion que le point G serait un mythe, largement entretenu par les magazines féminins!

Pourtant, il existe en contrepartie énormément d’anecdotes de femmes qui atteignent définitivement des orgasmes extraordinaires de cette manière – et le ressentent complètement différemment d’un orgasme clitoridien! Alors qu’en est-il vraiment?

Probablement qu’il faudrait simplement s’entendre sur de quoi on parle exactement. En effet, l’acceptation très récente de la véritable anatomie du clitoris comme un organe interne change la donne. Dans son ensemble, le clitoris ressemble un peu à un papillon avec des « branches » qui s’étendent de chaque côté du bulbe clitoridien, qui est en fait un gland érectile (oui, tout comme le pénis) attaché par l’intérieur à ces branches cylindriques.

 

Les branches s’appellent « crura » (au singulier « crus »), ce qui signifie « jambes » en latin. Et le point G correspond, à peu de choses près, presque exactement à l’endroit où se rejoignent ces crura! Ces crura sont également des tissus érectiles, qui se gonflent en se gorgeant de sang.

Il se peut donc fort bien que les deux camps disent en fait la même chose : non, le point G n’existe pas dans le sens où ce n’est pas un organe distinct et identifiable, qui, par exemple, comporterait plus de terminaisons nerveuses qu’ailleurs dans le vagin. Mais certaines femmes pourraient avoir l’habileté d’atteindre l’orgasme de cette façon tout de même, parce que stimuler précisément cette zone stimule en fait une partie du clitoris de l’intérieur. L’anatomie réelle du clitoris pourrait également expliquer les orgasmes dits « vaginaux » ; en fait, tous les orgasmes, bien que ressentis différemment, pourraient provenir du clitoris, mais de diverses parties de ce dernier!

Il reste à savoir pourquoi uniquement certaines femmes semblent éprouver ces sensations. Il s’agit peut-être d’une loterie anatomique dont on comprendra probablement mieux les mécanismes dans l’avenir, mais qui pourrait être explicable par différents facteurs : plus grande sensibilité naturelle chez certaines, clitoris plus gros versus plus petit, paroi vaginale plus épaisse versus plus mince, crura situé plus ou moins près de la paroi vaginale, etc.

Une chose est certaine : plus on en apprend sur le clito, plus on l'aime!

Pas un but à atteindre

Explorer ton corps et mieux cerner ce qui te fait plaisir, c’est toujours une bonne chose. Ça te permet de devenir plus à l’aise et d’assumer pleinement ton côté sexuel, au-delà de la gêne, de la honte et des tabous persistants.

Par contre, la sexualité ne devrait jamais être vue selon une optique de « but à atteindre absolument ». La pression n’est pas saine, et encore moins dans un contexte où les relations sexuelles devraient rester un moyen de décompresser et de relâcher les tensions. On le sait, les magazines féminins et les discours ultra-sexualisées présents dans certains médias peuvent générer une certaine pression à performer ta sexualité et à accéder à l'orgasme à tout prix. Offre-toi le droit inaliénable d'y aller à ton rythme!

Alors, si tu ne trouves pas ton point G, que tu ne sembles pas éprouver des sensations spécifiques liées à cette région ou que tu « n’éjacules » pas, ce n’est vraiment pas un problème!

Continue d’être curieuse et d’essayer différentes choses, tout en te concentrant sur ce qui te fait monter au 7e ciel. Chaque personne a une anatomie légèrement différente et des préférences sexuelles qui varient – le point G doit rester le fun! Bonnes explorations!

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