Pourquoi c’est si difficile de voir nos célébrités préférées changer, et surtout, maigrir?
Justement parce qu'ils ou elles sont des idoles, des modèles de la diversité corporelle à qui on peut s'identifier. Je vous partage ma réflexion.
J’ai grandi sans avoir de modèle dans les médias. À l'âge de 9 ans, mes émissions préférées présentaient toutes des acteurs similaires : pour la plupart minces et blancs. Mes pop stars favorites aussi étaient très standardisées à l’époque. Je n’ai rien contre ça, loin de là, je ne me posais même pas la question en fait.
Les Sarah Michelle Gellar, Melissa Joan Hart et Christina Aguilera de ce monde étaient ce qu’elles étaient et je les aimais comme ça. Je les aimais à un tel point que je voulais leur ressembler. Je voulais porter leurs vêtements, avoir leurs longs cheveux blonds et lisses. Je voulais être tout aussi attirante. Elles avaient l’air de pogner, je voulais pogner aussi.
Quelques années plus tard, à l’adolescence, mon rêve principal était de maigrir. Maigrir pour devenir comme « Buffy, the vampire slayer ». Car je la remarquais la différence : elle était mince, moi pas.
À la fin de chaque émission, je pleurais la mort d’Angel, l’amour de Spike... et mes kilos en trop.
À lire aussi : Grossophobie : et si on changeait « poids santé » par « poids bonheur »?
Faire face au changement de nos modèles
Ces femmes qui disaient ne pas vouloir perdre de poids, parce que la société l’exige encore et toujours envers les corps représentés comme féminins, sont maintenant standardisées et/ou en voie de le devenir.
Comment se sent-on quand nos modèles ne nous ressemblent plus? J’ai du me poser la question et je me suis surprise à être déçue et un brin jalouse. Ma première pensée a été : « ah ouin, m’semblait qu’elles ne voulaient pas maigrir pour plaire et qu’elles prônaient la différence, pff! »
Je pense que je me suis sentie trahie. Elles m’avaient joué dans le dos! Est-ce que ça veut dire que désormais moi aussi je dois perdre du poids?
À lire aussi : 8 créatrices de contenu engagées et inspirantes à suivre absolument


C’est, avec du recul, un peu égoïste de ma part de ressentir ce que je ressens et d’avoir eu peur de ne plus retrouver de modèles qui me ressemblent dans les médias.
Mais c’est aussi une angoisse de comparaison légitime qui peut s’installer. On nous apprend à nous comparer depuis notre plus jeune âge, je n’y échappe pas.
Pourquoi maigrissent-elles et moi non? Elles ont l’air plus heureuses, alors est-ce que je devrais moi aussi perdre du poids? Sont-elles réellement plus heureuses en fait? Si elles le disent, c’est que ça doit être vrai… Est-ce que je pourrais être plus heureuse en perdant du poids moi aussi? Est-ce qu’elles sont minces par choix ou bien par conséquence? Pourquoi ai-je de la difficulté à être contente pour elles? Pourquoi devrais-je être contente pour elle? Pourquoi sont-elles capables de maigrir et pas moi?
Tellement de questions sans réponse.
Une trahison... ou une avancée pour la diversité corporelle?
J’ai posé ces questions à plusieurs personnes et le sentiment qui revenait le plus souvent est la trahison. C’est un peu comme si ces vedettes nous avaient promis de rester grosses pour faire avancer notre cause! Comme si elles avaient maintenant rendu les armes et qu’on perdait nos meilleurs soldats. Comme si nos espoirs d’un monde plus inclusif s’effondraient. Comme si elles nous tournaient dos. C’est poche se sentir comme ça. Très poche.
Pourtant, elles ont tout de même pavé le chemin. Elles ont réussi en étant grosses. Elles ont inspiré et continuent d’inspirer des millions de personnes pour différentes raisons. Il faut garder ça en tête.
Vous aimerez sûrement notre épisode du balado Elles sont sur le body-shaming et l'acceptation corporelle :
Continuez votre lecture :
- « T’es belle pour une grosse »
- Je m'entraîne, et non, ce n'est pas pour perdre du poids
- Jessica Prudencio : Grosse, noire et fabuleuse
- Et vous, acceptez-vous vos poils?
Consulter tous les contenus de Vanessa Duchel












