Témoignages

L’été me rend triste

Ah, le retour des terrasses, des barbecues, des baignades, des festivals! L’été arrive à grands pas et, pour la majorité des gens, cela signifie le bonheur, la joie, les vacances... Bref, le meilleur moment de l’année.

Pour moi, c’est tout le contraire. Aujourd’hui je te parle de la dépression estivale, un phénomène peu connu, mais qui me touche depuis plusieurs années. 

Siri, joue : « Summertime Sadness » de Lana Del Rey.

La dépression saisonnière… quand il fait beau?

La dépression estivale, un dérivé du trouble affectif saisonnier, a fait l’objet de plusieurs études dans les dernières années. Bien qu’elle soit plus rare que la dépression saisonnière d’hiver, la dépression estivale s’explique entre autres par un dérèglement de notre horaire habituel, un état léthargique causé par la chaleur, et une difficulté à dormir en raison d’une surexposition au soleil. 

Bien que je sois en mesure de reconnaître la véracité des symptômes, mon petit doigt  - et ma psychologue! - me disent que c’est entre autres parce que j’ai vécu les périodes les plus difficiles de ma vie à l’été que c’est une saison parfois douloureuse.

L’endroit où on peut me retrouver de juin à août : dans mon lit!
L’endroit où on peut me retrouver de juin à août : dans mon lit!

Quelque chose dans le soleil et la chaleur de 20 degrés et plus me ramène à ces moments de solitude et de tristesse.

Souvent, il ne suffit que de quelques belles journées de printemps pour que cette vague dépressive m’enlace et me force à rester au lit.

J’ai si peur d’être un jour nostalgique que je veux à tout prix me créer des souvenirs.

Il faut dire que, normalement, l’été est la période de l’année où je suis le plus occupée. J’ai souvent enchaîné les tournages et de fait, je me suis retrouvée privée de plusieurs activités estivales.

Glissades d’eau, La Ronde, campings, voyages, etc, n’ont donc pas fait partie de mon quotidien en tant qu’enfant et adolescente. 

Le sentiment de solitude, bien qu’engendré par une carrière enrichissante, est devenu chez moi synonyme des vacances d’été.

Encore aujourd’hui, ça me rend triste de penser à ces mois passés seule dans ma chambre à apprendre des textes, sans recevoir d’invitations de la part de mes amies qui, épuisées par mes indisponibilités, avaient fini par arrêter de m’appeler.

À lire aussi : 5 choses à ne pas dire à une personne anxieuse (et 5 choses à lui dire!)

À l’été 2017, quelques minutes après une crise de panique.
À l’été 2017, quelques minutes après une crise de panique.

Profiter à tout prix

En plus d’être rattrapée par mes démons estivaux, l’aspect éphémère de l’été est en contradiction directe avec le fonctionnement de ma tête.

Les jours sont comptés et je trouve ça terriblement angoissant. L’été, il y a tout à faire, à voir, à vivre. Pour plusieurs, c’est une mer de possibilités. Moi, ça me donne le vertige. Je me sens obligée de vivre des moments marquants et de profiter de chaque instant. À tel point que je passe mon temps à me dire : « profite! » à la place d’être réellement dans l’instant présent.

Le fait d’être jeune rajoute à cette pression, je trouve. Je suis beaucoup trop consciente que mon nombre d’étés en tant que jeune femme sont limités. J’ai si peur d’être un jour nostalgique que je veux à tout prix me créer des souvenirs pour lesquels ça va valoir la peine de l’être.

Évidemment, tout ça s’empire en une visite sur Instagram! Je ne suis certainement pas la seule à avoir l’impression que tout le monde sur les réseaux sociaux vit les plus belles journées du monde, tous les jours. Je sais bien qu’on ne voit qu’une partie de la réalité, mais je ne peux pas m’empêcher de comparer mon été à celui de tous ceux que je follow.

En revanche, les journées de pluie m’apaisent. Ça me donne l’impression que le temps s’arrête pour tout le monde, forçant à l’arrêt cette effervescence qui m’épuise. Je me sens aussi validée dans mon humeur qui est également maussade et grise. 

Comment survivre la dépression estivale 101

En tant que grande anxieuse, j’ai passé beaucoup d’heures avec ma psy à décortiquer cette dépression estivale. Même si je ne te le souhaite pas, si jamais toi aussi tu as le blues de l’été, voici ce que j’ai appris au cours des dernières années : les jours des mois de juin, juillet et août sont simplement des journées comme les autres. 

La plus grande différence est la température, mais sinon, c’est du pareil au même. Il ne faut pas accorder plus de poids à cette saison et surtout, ne pas trop l’anticiper.

Je dois constamment me rappeler que c’est irréaliste d’avoir la parfaite journée d’été chaque jour, et qu’il est possible de vivre sa best life aussi pendant les neuf autres mois de l’année.

Un moment apaisant de l’été, tranquille à mon chalet.
Un moment apaisant de l’été, tranquille à mon chalet.

Depuis l’été passé, je prends aussi une photo par jour. Que ce soit d’une activité, d’un repas, ou simplement d’un moment agréable.

Ça m’aide à avoir une vision plus réaliste de cette saison qui passe toujours trop vite. Ça m’évite le sentiment de n’avoir rien fait de mon été. Je peux me prouver à moi-même, avec ces photos, qu’il y a de beaux moments chaque jour. Il suffit de prendre le temps de les chercher, et je te jure, tu vas les trouver.

Je vous souhaite donc une bonne saison des moustiques, des odeurs de crème solaire et de la sueur! Blague à part, je vous souhaite de profiter de votre été et de trouver ce qui vous fait chanter « Summertime, and the livin’ is easy »!