Après plusieurs jours de recherches et une vague de solidarité sur les réseaux sociaux, le jeune kangourou aperçu en fuite à Boucherville a finalement été capturé. Mais derrière la cavale inhabituelle du marsupial, il y a un enjeu beaucoup plus sérieux: l’encadrement des animaux sauvages gardés en captivité au Québec.
La SPCA de Montréal profite de l’attention médiatique entourant l’affaire pour lancer une campagne invitant les citoyens à interpeller le gouvernement pour une meilleure protection des animaux sauvages.
Pour l’organisme, l’incident du kangourou n’est pas un cas isolé. Il illustre plutôt les limites du système actuel, qui permet encore à des particuliers ou à des établissements non accrédités de détenir certaines espèces sauvages.
Ces animaux méritent des soins rigoureux, des installations hautement spécialisées et une expertise que peu de personnes possèdent réellement
— SPCA de Montréal
Une vaste mobilisation autour de Joey, le jeune kangourou
Dans une publication diffusée sur Instagram, la SPCA indique avoir interpellé le cabinet de la ministre de l’Environnement, de la Faune et des Parcs, Pascale Déry, au sujet du kangourou qui errait depuis plusieurs jours. L’organisme affirme avoir obtenu la confirmation que les équipes du ministère procéde à sa capture et à sa relocalisation dans un milieu plus adapté à ses besoins. La SPCA a également remercié les organismes, bénévoles et citoyens qui se sont mobilisés afin d’assurer la sécurité de l’animal. Selon l’organisme, tout porte à croire que le jeune kangourou était détenu illégalement avant sa fugue.
Un problème plus large
Si l’histoire a attiré l’attention en raison de son caractère inhabituel, la SPCA estime qu’elle révèle surtout les limites du cadre réglementaire actuel. L’organisme soutient que les règles en vigueur permettent encore à certaines personnes insuffisamment qualifiées de détenir des animaux sauvages, malgré leurs besoins particulièrement complexes.


La SPCA réclame des changements
Dans une lettre adressée à la ministre de l’Environnement, de la Faune et des Parcs, Pascale Déry, la SPCA demande une révision complète des règles entourant la détention d’animaux sauvages au Québec.
L’organisme demande notamment un resserrement des conditions d’obtention des permis ainsi qu’un meilleur encadrement des établissements qui gardent des animaux sauvages. Parmi les mesures proposées figurent un moratoire sur l’émission de nouveaux permis à des zoos amateurs non accrédités, des inspections plus fréquentes ainsi que des mécanismes permettant de suspendre ou de révoquer des permis en cas de non-conformité. Elle réclame également davantage de pouvoirs pour suspendre ou révoquer les permis lorsque les normes ne sont pas respectées.













