Chaque été, une scène se répète aux quatre coins de l’Amérique du Nord : les joueurs de hockey professionnels rangent leurs patins et sortent leurs bâtons de golf. Des vedettes des Canadiens de Montréal aux joueurs des autres équipes de la LNH, le golf fait presque toujours partie du mode de vie estival des hockeyeurs professionnels. Mais pourquoi ce sport en particulier? Ce n’est pas seulement une question de loisir ou de luxe : il existe en réalité plusieurs raisons physiques, mentales et même stratégiques qui expliquent cette tradition bien ancrée.
Le golf permet aux joueurs de hockey de rester compétitifs pendant l’été sans subir l’intensité physique de leur sport. Après une longue saison où le corps encaisse les mises en échec, les accélérations explosives et les blessures, plusieurs athlètes cherchent une activité qui entretient leur condition physique tout en favorisant la récupération.

Entre le défi technique, l’aspect stratégique et le faible risque de blessures, ce sport offre un parfait mélange de performance et de détente avant le retour au camp d’entraînement. Des études sur la récupération sportive montrent que les activités à faible intensité favorisent le retour cardiovasculaire et réduisent la fatigue accumulée chez les joueurs de hockey.
Le golf travaille aussi plusieurs qualités physiques utiles sur la glace. Même si les deux sports semblent complètement opposés, ils ont en commun un élément clé : la rotation du tronc.

Le mouvement du lancer frappé au hockey et l’élan de golf utilisent tous deux les hanches, les épaules et toute la ceinture abdominale. Des recherches démontrent que la puissance rotationnelle du tronc est essentielle aux performances athlétiques des joueurs de hockey.
L’aspect mental n’est pas non plus à négliger. Le hockey professionnel est extrêmement exigeant psychologiquement, particulièrement à Montréal! Pression médiatique immonde, calendrier chargé, déplacements constants, séries éliminatoires…le golf offre l’inverse. C’est un sport calme, joué à l’extérieur, qui permet de ralentir le rythme tout en restant compétitif. Plusieurs joueurs disent apprécier le fait que le golf exige concentration, précision et contrôle émotionnel (des qualités directement transférables au hockey). Sur un parcours, comme sur la glace, la gestion du stress et la capacité à rester calme sous pression peuvent faire toute la différence.
Pour les joueurs des Canadiens, le golf devient aussi une activité sociale importante durant l’entre-saison. Les tournois caritatifs organisés pendant l’été sont nombreux au Québec, et plusieurs joueurs y participent ensemble. C’est une façon de garder les liens entre coéquipiers, de rencontrer les partisans et de demeurer présents dans la communauté sans l’intensité des matchs.

Pendant l’été, plusieurs joueurs troquent l’aréna pour certains des clubs de golf les plus prestigieux du Québec. Entre le très sélect Club de golf Royal Montréal, où évoluent notamment Cole Caufield et Nick Suzuki, le réputé Club de golf Laval-sur-le-Lac, qui accueille le tournoi annuel du Tricolore, ou encore Club de golf Le Mirage et La Vallée du Richelieu, les hockeyeurs profitent de l’entre-saison pour relaxer tout en entretenant leur esprit compétitif.
Plusieurs retournent aussi dans leur région natale durant la saison morte. Les Québécois comme Samuel Montembeault, Phillip Danault et Zachary Bolduc aiment notamment renouer avec leurs racines en jouant au golf du côté de Victoriaville.













