Divination

Le shadow work : faire face à l'ombre en nous pour évoluer

As-tu déjà entendu parler du shadow work? En développement personnel et en spiritualité, on entend ce terme un peu partout. Mais ça veut dire quoi exactement? Et comment on pratique ça?

Car oui, c’est possible d'apprendre à danser avec nos facettes moins lumineuses, d'accepter nos défauts ainsi qu’améliorer nos mauvais patterns grâce à ce « travail de l'ombre ». Je t’explique.

Si on regarde du côté de la psychologie analytique, « l’ombre » (shadow, en anglais) comprend à la fois le subconscient et ce que l’ego conscient refuse de reconnaître. C’est comme le côté sombre de nous-mêmes, soit parce qu’on préfère l’ignorer ou bien parce qu’on ne s’en rend carrément pas compte. Dans notre ombre, on retrouve aussi l’ombre de nos sociétés (comme le racisme systémique, le sexisme, le capitalisme, le privilège blanc, etc.).

Le shadow work, c’est donc de prendre le temps de reconnaître et regarder en pleine face l’ombre en nous - et au sein de notre société, au lieu de l’ignorer.

Pour vivre en meilleure harmonie avec nous-mêmes et les autres

C’est une pratique extrêmement importante pour l’évolution personnelle et communautaire. C'est uniquement en faisant face à nos ombres que nous pouvons les guérir. Je sais, ça nous sort des « good vibes only » de certains influenceurs spirituels modernes. Selon moi, regarder uniquement le positif, c’est le meilleur plan pour continuer d’être mal en-dedans et de perpétuer des sociétés toxiques où trop de gens souffrent aux dépens d’une minorité au pouvoir.

Et ne minimise pas non plus l’importance du shadow work individuel! Plus il y aura d’humains qui vont prendre le temps de guérir et de réapprendre à s’aimer, à comprendre leurs blessures, biais et mauvais plis, plus nos sociétés seront basées dans le respect et l’amour. Quand on choisit de pratiquer le shadow work, oui c’est un travail personnel, mais qui a de merveilleuses répercussions plus grandes que sur « juste nous ».

Le shadow work nous rappelle qui on est vraiment, quelles sont nos valeurs. Ça nous reconnecte à notre cœur, notre essence.

Concrètement, comment peut-on faire du shadow work?

À l’écrit :

Pour moi, la façon la plus simple est d’écrire dans un journal. De vraiment s’accorder le temps et l’honnêteté d’écrire sans tabou, sans jugement et sans culpabilité. Un super point de départ du shadow work est d’observer ce qui te déclenche, te provoque. Tu vois une publication sur Instagram qui t’a fait penser à des souvenirs douloureux ou bien la personne t’a fait sentir moins bien qu’elle? Explore! La question d’or est « pourquoi »? Pourquoi, pourquoi, pourquoi. 

Tu vas te sentir comme un enfant de 4 ans à la fin de ton exploration, mais ça aide énormément d’avoir cette attitude de curiosité et d’ouverture face à nos blessures. Pourquoi ai-je réagi comme ça? Pourquoi ceci me fait de la peine? Pourquoi je me sens « moins » qu’elle ou lui? Pourquoi mon corps réagit-il ainsi? Et suis le fil… Le shadow work c’est d’aller voir plus loin que la surface, plus loin que l’émotion initiale. Pour la comprendre et commencer à la guérir.

J’avais une coach qui disait toujours « the triggers are the guides! ». On pourrait le traduire ainsi : ce qui te déclenche est ton meilleur guide.

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À l’oral :

Si l’écriture n’est pas ta tasse de thé, utilise la parole. Malheureusement, avoir un.e thérapeute n’est pas à la portée de tous (à quand la thérapie couverte par le gouvernement?), même si je te suggère fortement d’aller consulter un.e professionnel.le de la santé mentale si tu en ressens le besoin. Si tu peux te le permettre, ça peut énormément aider. Et n’oublie pas, un thérapeute, ça se magasine. Il faut trouver le bon fit! Si ça ne fonctionne pas dès la première fois, ne perds pas espoir, ce n’est simplement pas le bon thérapeute pour toi.

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Si la thérapie n’est pas possible, tu as peut-être une personne précieuse dans ta vie qui te permet de parler avec vulnérabilité et qui est prête à t'accueillir sans jugement? Et inversement. Si possible, créez-vous, toi et elle, des sessions de thérapie maison ensemble où seules deux règles existent : être honnête et ne pas juger.

On n’est pas tous choyés avec ce genre de relation. Il y a peut-être un cercle de femmes (ou d’hommes! Ça existe aussi) près de chez toi? Sinon, il en existe en ligne. Pour animer des cercles de femmes, je sais à quel point c’est extrêmement puissant de se sentir soutenue inconditionnellement ainsi par d’autres humains.

Et sinon, ne néglige jamais le pouvoir de ta propre voix. Parle-toi! Fais-le dans ta tête si ça te gêne. Comme si tu écrivais dans un journal, mais à la place, en dialoguant avec toi-même.

Plusieurs chemins pour se reconnecter à nos émotions

Il existe aussi d’autres façons de pratiquer le shadow work. Notamment avec l’hypnose et les méditations qui permettent d’accéder au subconscient, d’aller voir plus loin. Tu en trouveras des tonnes en ligne. Tu peux chercher des thèmes comme « guérir son enfant intérieur », « méditation du subconscient », « méditation pour la guérison », etc. Et si tu parles anglais, il y a encore plus de choix.

Le corps est aussi un guide incroyable quand on prend le temps de s’y reconnecter et de suivre les inconforts et tensions qu’il nous montre (pour ça, tu peux utiliser des méditations somatiques).

Le shaking (une technique où on bouge le corps intensément en « shakant » toutes les parties) peut aussi aider. Notre corps garde enfouies des tonnes d’émotions et blessures refoulées. Le mouvement peut aider à les libérer : et c'est totalement normal d’éclater en sanglots sans comprendre pourquoi après quelques minutes!

Tant que tu le fais dans un espace où tu te sens en sécurité.

Finalement, le shadow work, c’est arrêter d’ignorer nos bobos. C’est pourquoi ce travail sur toi peut être vraiment désagréable par moment, mais il est tellement nécessaire pour évoluer. Le shadow work nous permet de nous libérer de beaucoup de blessures, d’idées préconçues, de patterns, d’étiquettes qui nous ont été imposés (et qu’on continue d’accepter).

Le shadow work m’aura, entre autres, aidé à enfin mettre mes limites et à me distancier du people pleasing, à arrêter de m’en faire avec l’opinion des autres.

Ça nous rappelle qui on est vraiment, quelles sont nos valeurs. Ça nous reconnecte à notre coeur, notre essence. Ça nous aide à pardonner, à se pardonner. Ça aide à guérir et transcender tellement de blessures au lieu de rester pris dans la rancoeur et la douleur. Et tout ce que ça prend pour commencer, c’est la volonté d’évoluer. 

Alors, vas-tu essayer? 

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