Je pensais savoir à quoi ressemblait une journée de pêche… jusqu’à ce que je me retrouve sur la rivière Fraser, en Colombie-Britannique, avec au bout de ma ligne un poisson assez puissant pour me faire sérieusement regretter de ne pas avoir fait plus de musculation avant mon voyage!

Direction Chilliwack, à environ une heure de Vancouver, pour vivre une expérience qui mérite assurément une place sur la bucket list de tous les mordus de pêche : partir à la recherche de l’esturgeon blanc, un véritable dinosaure des rivières qui peut atteindre des dimensions complètement démesurées. Ajoutez à ça les paysages magnifiques et les montagnes qui se dessinent tout autour… disons qu’il n’en fallait pas beaucoup plus pour me convaincre!

C’est dans le cadre de la Jurassic Classic que j’ai eu la chance de vivre cette aventure, à titre d’invitée de YETI. Ce tournoi annuel réunit des équipes de quatre pêcheurs autour d’une mission plutôt inusitée : « pêcher des poissons pour sauver des mouflons », puisque l’événement permet d’amasser des fonds pour la Wild Sheep Society, qui lutte pour la conservation des populations de mouflons sauvages de la Colombie-Britannique.

Mais voici la bonne nouvelle : pas besoin de participer à la Jurassic Classic pour partir à la rencontre de ces géants. Des excursions guidées sont offertes sur le Fraser et permettent à tous les amateurs de pêche de tenter l’expérience.
Et après avoir moi-même combattu un esturgeon de 8,4 pieds et de plus de 400 livres, croyez-moi : celle-là, vous risquez de vous en souvenir longtemps. Voici tout ce que vous devez savoir avant de réserver votre propre journée de pêche aux dinosaures sur la rivière Fraser.
À la recherche des « dinosaures » du Fraser
En quittant la rive le premier matin, on réalise à quel point la rivière est immense et chaque guide semble avoir ses petits endroits secrets. Après avoir sélectionner un endroit qui semble prometteur, on s’ancre pour ensuite en mettre les lignes à l’eau. Pour les attirer, pas le temps de niaiser, le guide installe de gros morceaux de saumon sockeye en guise d’appâts.

Ce que j’ai particulièrement aimé de l’expérience, c’est qu’il n’est absolument pas nécessaire de connaître quoi que ce soit sur la pêche à l’esturgeon. Notre guide, Rick, de Great River Fishing Adventures, s’occupait de tout : bateau, cannes, équipement, appâts et même les ensembles nécessaires pour entrer dans l’eau.

Ces guides connaissent le Fraser comme le fond de leur poche. En plus de nous conduire vers leurs endroits de prédilection, ils partagent une foule d’informations sur le fleuve et sur l’espèce que nous sommes venus rencontrer.
Finalement, mon combat avec un géant de plus de 400 livres
Pendant près de six heures, rien. Quatre lignes à l’eau, de gros morceaux de saumon et beaucoup de patience, mais pas l’ombre d’un esturgeon. Puis, soudainement, l’une des lignes se met à se dérouler à une vitesse folle. Rick bondit immédiatement sur la canne pour sécuriser la prise et lance : « Ça y est, on en a un… et un bon! »

En quelques secondes, tout le monde s’active. On enfile les ceintures qui permettent d’attacher la canne à notre corps et le combat commence. La force au bout de cette ligne est complètement insoupçonnée. On tente de ramener le géant, mais après une dizaine de minutes à tenir la canne, les bras sont complètement morts. Impossible de faire ça seule, on doit se relayer et s’entraider.

Pendant ce temps, Rick retire les trois autres lignes, remonte l’ancre et démarre les moteurs. La stratégie consiste alors à suivre le poisson avec le bateau lorsqu’il prend trop de distance, puis à tenter de récupérer de la ligne dès qu’il nous en donne l’occasion.
L’objectif? L’épuiser. Et il faudra être patients. Après environ 45 minutes de combat, le géant commence finalement à montrer des signes de fatigue. Il remonte près du bateau et se laisse tranquillement glisser sur le côté. C’est le signal que nous attendions!

On se dirige vers la berge, on enfile nos combinaisons et on saute dans l’eau pour enfin découvrir la taille du poisson contre lequel on vient de se battre pendant près d’une heure. Résultat : 8,4 pieds, plus de 400 livres, c’est complètement surréel!

Un véritable dinosaure au bout de la ligne
Et le mot « dinosaure » n’est presque pas une exagération. L’esturgeon blanc est le plus grand poisson d’eau douce d’Amérique du Nord. Des spécimens de plus de 6 mètres (près de 20 pieds) ont déjà été rapportés et certains peuvent vivre plus de 100 ans.
Leur apparence est tout aussi particulière. Ils n’ont pas d’écailles comme la majorité des poissons que nous connaissons, mais plutôt des rangées de plaques osseuses sur le corps. Les esturgeons blancs sont puissants, très puissants, vous ne pouvez même pas imaginer à quel point ils sont forts.
Le lendemain, nous avons pris quelques jeunes poissons, dont celui-ci, que j’ai pêché seule comme une grande. Nous avions une autre grosse prise mais nous l’avons perdu pendant le combat.

La pêche récréative à l’esturgeon blanc du Lower Fraser se pratique avec remise à l’eau. Une fois le poisson attrapé, s’il est digne d’un monstre des mers, on se rend près de la rive afin de pouvoir le manipuler dans l’eau, le mesurer et immortaliser ce moment assez incroyable. Autrement, on le monte dans le bateau pour le mesurer et le libérer par la suite. On s’assure ainsi de la continuité de l’espèce et de sa population.

Une aventure étonnamment facile à organiser depuis Vancouver
Pas besoin de prévoir une expédition compliquée pour vivre cette aventure. Chilliwack se trouve à environ 1 h 10 de Vancouver et il est très facile de louer une voiture directement à l’aéroport pour s’y rendre.
Une chose est certaine, se mesurer à un poisson de plusieurs centaines de livres dans les eaux du Fraser est une expérience de pêche complètement folle. Si vous êtes du genre à planifier vos voyages autour des endroits où lancer votre ligne, celle-ci mérite définitivement une place sur votre bucket list.
Je peux vous assurer qu’une journée de pêche ne vous semblera plus jamais tout à fait pareille!

Un immense merci à toute l’équipe de YETI pour cette expérience complètement hors du commun, et tout particulièrement à Emma, qui m’a accueillie dans son équipe pour vivre cette aventure. Entre les fous rires, les avant-bras endoloris, l’adrénaline et ce géant de 400 livres au bout de notre ligne, c’était un week-end extraordinaire que je ne suis vraiment pas près d’oublier!












