Sexualité

Homosexualité : naît-on gay, lesbienne, bi ou bien le devient-on?

Naît-on homosexuel ou bien le devient-on? Depuis qu’il est possible de le faire, des milliers de chercheur.es se sont penchés sur la question de la cause de l’homosexualité. Bien que plusieurs hypothèses ont été émises, à peu près aucun résultat concret n'a été établi. Pourquoi continuer de s’acharner à répondre à cette question, me dis-tu? Simplement parce que la sexologie, qui est une science sociale, emprunte des caractéristiques à la science plus traditionnelle. Et l’être humain semble a l'habitude de vouloir tout savoir, tout comprendre et tout analyser. Voici un survol de ce qui ressort principalement de la recherche sur l'orientation sexuelle.

L'hypothèse biologique de l'homosexualité

D'abord, soyons clair.e.s. Les recherches sont unanimes, il n'existe pas de gènes « homosexuels ». Les premier.ères théoricien.nes de la sexualité avaient une vision essentialiste de l’érotisme. Ça mange quoi en hiver ça, me dis-tu? Selon cette vision, l’érotisme d’un individu est comme un instinct de survie découlant de la nature qui doit non seulement être contrôlé, mais qui doit également figurer dans la reproduction monogame hétérosexuelle.

Les théories biologiques expliquent que l'homosexualité serait, entre autres, provoquée par une modification hormonale causée par un stress pendant la grossesse. Un choc subi par la future maman pourrait engendrer un léger déséquilibre hormonal chez l'embryon et ainsi modifier son orientation sexuelle. Le développement inhabituel de caractères masculins chez le fœtus s'expliquerait par une trop grande variation d'androgène pendant la grossesse.

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Olya Kobruseva

Les explications environnementales de l’homosexualité

Au-delà des explications proposées par les biologistes, d'autres se penchent sur la façon dont la sexualité se manifeste comme étant un construit social. Dans cette vision alors constructiviste, l’érotisme d’une personne est vue comme étant plurielle et changeante avec le temps et pouvant exister dans une infinité de configurations amoureuses ou sexuelles.  Selon les théoriciens sociaux, la sexualité est grandement influencée par l'environnement. Une expérience homosexuelle au cours de la période d'éveil à la sexualité, un père absent, une mère trop présente, etc. 

Certains mentionnent même qu'à trop vouloir plaire à un père froid et absent, un garçon voudra reproduire ce scénario auprès de la gente masculine une fois adulte. La femme d'orientation homosexuelle, quant à elle, aurait été marquée par l'image d'un homme trop intimidant. Son confort serait alors transposé auprès des femmes et ce besoin de sécurité aurait été sexualisé à la puberté. 

Une explication non nécessaire

En toute honnêteté, en rédigeant ces lignes, je m'interroge sur la nécessité de comprendre d'où provient l'homosexualité. Pour moi, c'est comme approfondir des recherches sur les gauchers. Qui s'est déjà interrogé sur l'explication plausible d'être gaucher, droitier ou ambidextre? Et pourquoi certains aiment les fraises tandis que d'autres préfèrent les bleuets? Parce qu'ils ont un gène « bleuets »? Parce qu'ils ont des frères qui aiment ce fruit? Parce qu'ils ont eu une mauvaise expérience avec leur main droite?

Pourquoi rechercher une cause à quelque chose qui n'est ni un problème, ni une maladie et ni une perversion? Personnellement, je crois que le débat a débuté au sein de l'Église. Comme l'homosexualité est une déviance selon la religion, c'est comme si la nature biologique favorisait l'acceptation des personnes non-hétérosexuelles...

Qu'est-ce que des résultats précis donneraient? Une plus grande acceptation de l'homosexualité? Somme toute, l'orientation sexuelle n'est ni génétique, ni environnementale. Elle est ce qu'elle est, une partie de chacun de nous, tout simplement.

Encore aujourd'hui, l'acceptation des personnes LGBTQIA+ est loin d'être gagnée. Nous n'avons qu'à penser aux multiples commentaires homophobes, biphobes et lesbophobes que l'on peut lire sur les médias sociaux.

Quoi qu'il en soit, l'homosexualité a toujours existé, et ce, partout dans le monde. Et comme nous ne nous sommes jamais interrogé.es sur les « causes » de l'hétérosexualité, j'ose espérer qu'un jour le débat génétique versus acquis sera loin derrière nous.

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