Il n’y a pas si longtemps encore, la binarité des genres semblait la seule option pour une écrasante majorité des gens… et donc des parents! On associait alors le rose aux filles et le bleu aux garçons sans se poser de question, et il ne fallait surtout pas tenter d’éduquer notre enfant autrement!
Désormais, l’éducation non genrée - ou en tout cas une éducation consciente de la toxicité des stéréotypes rigides de genres - gagne en popularité.
Qu’est-ce que c’est et comment élever nos enfants loin des clichés associés aux genres?
L’ABC de l’éducation non genrée
L’éducation non genrée propose de briser et d’agir contre les stéréotypes et les discriminations liés au genre. Cela s’inscrit dans la lutte féministe contre l’inégalité des genres.
En effet, on observe encore à ce jour, selon l’étude de Bian, Leslie et Cimpian parue en 2017, que les filles associent très tôt l’intelligence au genre masculin, ce qui les amène à se désintéresser des activités qui demandent une haute intelligence. Donc, même très jeunes, les enfants agissent en fonction de l’inégalité entre les sexes!
L’éducation non genrée, c’est donc une façon de contrer ceci en montrant aux enfants, garçons comme filles, dès le plus jeune âge, qu’ils peuvent tout faire. peu importe leur genre.
Les genres existent bel et bien
Les constructions sociales et les stéréotypes de genre proviennent de généralisations simplistes pour différencier les femmes des hommes, basées sur des jugements et croyances, de manière plus ou moins inconsciente, et ce, depuis des siècles.
Bien sûr, comme dans tout mouvement ou philosophie, il y a des variations. Il y a des parents qui choisissent d’éduquer leurs enfants de façon strictement non binaire et il y a ceux qui éduquent leurs enfants de manière plus classique.
Je n’ai absolument rien contre les deux, mais ici, je veux plutôt parler du juste milieu, des gestes qu’on peut poser pour un épanouissement sain de l’enfant vis-à-vis de son genre.
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Maintenant, il faut prendre le réflexe de penser que quiconque peut s’habiller, jouer, faire et être ce qu’il veut. Il n’y a pas de règles. Si notre fille adore les voitures et le skate, et bien tant mieux pour elle. Si notre garçon aime les papillons et les paillettes, encourageons-le dans sa passion.
Ça ne veut pas nécessairement dire de faire exprès d’exposer les garçons à des choses considérées féminines et vice versa, c’est plutôt de leur laisser la liberté de choisir en offrant une diversité de jouets, de couleurs, de vêtements ou d’activités.
Notre rôle en tant que parents est de donner des possibilités, voilà tout. Par exemple, ma fille de 16 mois a plusieurs jouets de toutes sortes et quand elle se retrouve devant un panier rempli de poupées et un autre rempli de voitures, elle choisit automatiquement les voitures. Dans les vêtements, même chose, elle a aussi une diversité qui lui est offerte, mais si c’est elle qui choisit, elle va vers les morceaux qui ont de beaux dessins colorés bien féminins. C’est la beauté de les laisser aller librement afin qu’ils développent leur personnalité et leur expression de genre.
On a éduqué les filles et les gars tellement différemment pendant des siècles que des fossés se sont creusés entre les genres, pour des résultats parfois tragiques dans la société. Le but de cette remise en question? Insuffler une liberté à l’enfant et l’éloigner des logiques sexistes.
Le choix des mots est important
Il s’agit aussi de porter attention à notre langage, parce que tout ce qu’on dit a tellement plus d’incidence qu’on le croit sur nos tout-petits - et pas seulement pour les mots qui s’adressent à eux, mais tout ce qu’ils entendent!
On fait donc attention à ne pas dire de phrases genrées par exemple à un petit garçon : « arrête de pleurnicher, fais pas ta fille » ou « toi tu es une petite tomboy » à une petite fille. Il est rare qu’on dise d’un garçon qu’il est mignon, on lui dit plutôt qu’il est courageux et fort. Pour une fille, c’est plutôt relié à l’apparence ou à la douceur. Ce sont des paroles anodines au quotidien, mais qui restent gravées longtemps dans les mémoires des enfants. Ceux-ci devraient se sentir libres d’agir comme ils le sentent, de ne pas se sentir limité par certains éléments qu’on souligne sans cesse et se sentir à l’aise d’exprimer leurs émotions, peu importe leur genre.
L’éducation sans stéréotypes de genres, ce n’est pas si difficile!
Bon, ça peut avoir l’air compliqué comme ça, mais honnêtement, c’est plus facile que ça en a l’air de normaliser tout ça à la maison avec les enfants. Une fois que les vieux réflexes sont partis ou presque, ça se fait tout seul!
Si c’est nouveau pour vous, mais que ça vous interpelle, commencez par une chose comme le choix des vêtements, et ensuite, portez attention aux jouets (laissez-vous votre petit gars jouer avec une poupée? Êtes-vous triste si votre fille n’aime pas du tout les jupes et les robes?), etc.
Bien sûr, c’est bien beau d’avoir cette mentalité à la maison, mais encore faut-il que ça suive chez les grands-parents, à la garderie ou à l’école. Ce qui n’est pas un combat gagné d’avance! Mais dites-vous que c’est vous le plus important dans tout ça, vous êtes les modèles principaux pour vos enfants.
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C’est une fille, madame!
Finalement, j’avoue que ça me fait quasiment plaisir de répondre « c’est une fille! » aux inconnus qui me disent que ma fille est un beau petit garçon. Juste pour les déstabiliser un peu et créer un petit malaise nécessaire pour introduire la notion de stéréotype de genre. Ma fille porte parfois des robes roses avec des petits lapins, et d’autres jours, elle porte un t-shirt gris avec des pantalons noirs et ce n’est pas moins une « fille » pour autant. C’est avec des petits pas comme ça que ce sera de plus en plus normal et accepté!
Enfin, laissons-donc les enfants s’exprimer à travers les couleurs, les jouets, les activités et les attitudes qui les interpellent avant de les enfermer dans une case. Il y a mille et une façons d’être une fille, un gars ou une personne non binaire!
Recommandations de lecture sur le sujet :
Fille-Garçon même éducation de Pihla Hintikka et Elisa Rigoulet
Document d’accompagnement réalisé par le Secrétariat à la condition féminine (SCF): Les livres et les jouets ont-ils un sexe?
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Tu peux de Élise Gravel
Histoires du soir pour filles rebelles de Elena Favilli et Francesca Cavallo
Les livres de la collection « Little people, Big dreams » (v.f. De petit.e à grand.e) de la courte échelle
Mon coup de coeur pour des vêtements unisexes pour bébés et enfants :
La marque québécoise de vêtements unisexes et évolutifs Kid’s Stuff
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