Mode

Renaissance lance une toute nouvelle adresse mode à Griffintown et on leur a posé toutes nos questions

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Le projet a été imaginé par Renaissance en collaboration avec la designer et écoentrepreneure québécoise Mariouche Gagné.

J’ai justement posé la question à La Fibre.Atelier afin de mieux comprendre la vision derrière le concept et ce qui distingue réellement cette nouvelle adresse montréalaise.

Comment est née l’idée de La Fibre.Atelier?

“ La Fibre.Atelier est née d’une réflexion très simple : comment prolonger encore davantage la mission de Renaissance dans l’univers de la mode tout en rejoignant de nouvelles clientèles sensibles au style, à la qualité et à la consommation responsable. Chaque année, nous recevons des dons extraordinaires, incluant des pièces avec un fort potentiel mode qui ne trouvent pas toujours leur place dans le modèle de présentation plus traditionnel de nos friperies. Nous constations également que certaines personnes n’osaient pas nécessairement franchir les portes d’une friperie traditionnelle, malgré un intérêt réel pour la seconde main.

Nous avons donc imaginé un espace capable de réconcilier désirabilité, impact social et circularité. Un lieu où la seconde main est présentée avec intention, dans une approche plus éditoriale, inspirante et contemporaine. La Fibre.Atelier ajoute ainsi un nouveau jalon dans notre chaîne de valorisation : les vêtements y sont soigneusement sélectionnés, nettoyés, parfois réparés, puis intégrés dans des collections pensées avec cohérence.

Le nom reflète aussi cette vision. La fibre, c’est évidemment le textile, mais c’est aussi la fibre humaine - ce qui nous relie les uns aux autres. Derrière chaque vêtement, il y a des personnes, des parcours et une mission sociale qui donnent encore plus de sens à la mode circulaire."

Pourquoi était-ce important pour Renaissance de créer un espace aussi esthétique et éditorial autour de la seconde main?

“Parce qu’aujourd’hui, pour transformer durablement les habitudes de consommation, il faut aussi transformer l’expérience. La seconde main ne doit plus être perçue uniquement comme une alternative économique : elle peut être désirable, tendance, créative et inspirante.

Chez Renaissance, nous croyons qu’il est possible de faire de la consommation responsable sans compromis sur le style ou l’expérience client. L’esthétique du lieu permet justement de démontrer que la mode circulaire peut rivaliser avec le commerce traditionnel.

C’était aussi une façon de repositionner le regard sur la seconde main. Quand on met en valeur un vêtement dans un environnement réfléchi, lumineux et éditorial, on change la perception collective. On démontre qu’un vêtement ayant déjà eu une vie possède encore une grande valeur.

Et surtout, cela permet de faire rayonner notre mission autrement. Chaque achat contribue concrètement à notre mission sociale et environnementale. Derrière l’expérience mode, il y a toujours l’impact humain de Renaissance."

Pourquoi avoir choisi Griffintown pour implanter le concept?

“ Griffintown représentait naturellement le bon endroit pour lancer ce projet pilote. C’est un quartier créatif, en pleine effervescence, où l’on retrouve une clientèle sensible au design, aux tendances, à l’achat local et aux nouvelles façons de consommer.

Nous voulions justement amener la mode circulaire là où les citoyens magasinent déjà et là où les conversations autour du style, de la durabilité et de l’identité prennent de plus en plus de place. Griffintown nous permettait de nous rapprocher d’une clientèle qui ne connaît pas toujours Renaissance ou qui n’a pas encore le réflexe de fréquenter nos friperies traditionnelles.

C’est aussi cohérent avec notre volonté de démocratiser la seconde main et de l’inscrire pleinement dans les habitudes de consommation contemporaines."

Si La Fibre.Atelier représentait une femme, quel serait son style de vie ?

“Ce serait une femme curieuse, créative et engagée, qui aime autant le beau que le sens derrière ce qu’elle consomme. Elle mélange des pièces intemporelles avec des trouvailles uniques, privilégie la qualité à la quantité et voit la mode comme une forme d’expression personnelle plutôt qu’une course aux tendances.

Elle aime découvrir des endroits qui ont une âme, soutenir des initiatives locales et consommer de façon plus consciente, sans culpabilité ni rigidité. Elle pourrait aussi bien aller travailler dans une agence créative que prendre un café avec des amis, visiter une expo ou partir en week-end avec un sac rempli de vêtements qu’elle a thrifté au fil du temps."

Dans une période où la mode circulaire prend de plus en plus de place autant pour des raisons écologiques qu’économiques, Renaissance semble avoir trouvé une façon intelligente de moderniser l’expérience friperie sans perdre son ADN.

Et entre nous? Ça risque rapidement de devenir un arrêt obligé pour de belles trouvailles à Montréal.

Ouvert depuis le 13 mai au 1326 rue Notre-Dame Ouest, Montréal