Avec l’automne qui approche, les experts météo estiment que des conditions dignes de l’été pourraient perdurer jusqu’en septembre. Un dôme de chaleur qui sévit actuellement au sud de la frontière pourrait également avoir des répercussions sur certaines régions du Canada.
Ce texte est une traduction de CTV News.
Un important dôme de chaleur fait grimper les températures et provoque des orages dans le sud et le centre des États-Unis cette semaine. Bien que son épicentre se trouve au sud de la frontière, cet air inhabituellement chaud influence aussi le Canada, selon David Phillips.
Nous connaissons encore un temps estival, et une partie de cette chaleur pourrait nous parvenir grâce à ces zones de haute pression, ces dômes de chaleur.
— David Phillips, climatologue principal à Environnement et Changement climatique Canada, lors d’une entrevue vidéo accordée à CTVNews.ca mercredi, à Barrie, en Ontario.
Selon l’Institut canadien du climat, un organisme de recherche sur les politiques climatiques, un dôme de chaleur se forme quand «un système de haute pression persistant emprisonne l’air chaud au-dessus d’une région».
M. Phillips compare le phénomène au fait de «mettre un couvercle sur une région».
«L’air est comprimé par la zone de haute pression qui descend, et il devient plus chaud et plus sec, et ça dure du matin au soir, jour après jour», a-t-il expliqué.
Plus tôt cette semaine, The Weather Network a rapporté que le dôme de chaleur allait influencer les conditions météo dans la plupart des régions du sud du Canada.

Le Canada ne ressentira pas la «même intensité» que les États-Unis, selon une météorologue
Kelsey McEwen, météorologue en chef et coanimatrice de l’émission CTV Your Morning, estime que le dôme de chaleur américain n’aura pas beaucoup d’impact sur la majeure partie du Canada.
«L’atmosphère se comporte vraiment comme un fluide… il y a une masse d’air très chaude au-dessus du sud des États-Unis», a expliqué Mme McEwen lors d’une entrevue vidéo avec CTVNews.ca jeudi. «On pourrait en ressentir les effets périphériques au Canada, mais ce serait surtout pour les communautés les plus au sud.»
Elle souligne que plusieurs secteurs du sud-ouest de l’Ontario, notamment la région de Windsor-Sarnia, ont connu des températures élevées au cours des derniers jours.
Selon ses prévisions, les températures devraient diminuer en Ontario à l’approche de la fin de semaine, tandis que le sud des Prairies connaîtra une poussée de chaleur. Celle-ci pourrait être «indirectement liée» au dôme de chaleur américain.
Elle précise que les températures douces attendues vendredi et samedi dans le sud de la Saskatchewan et du Manitoba s’expliquent directement par «une crête atmosphérique, soit une zone de haute pression située juste au-dessus de cette région».
«Mais comme nous sommes beaucoup plus au nord, et que l’air le plus chaud et le plus humide demeure bien plus au sud, près du golfe du Mexique, nous ne ressentons pas ici la même intensité de chaleur», a-t-elle ajouté.
«On ne peut pas y échapper»
Les dômes de chaleur peuvent avoir des effets dangereux, y compris des décès, rappelle M. Phillips.
«On ne peut pas y échapper. On ne peut pas simplement se dire : “Je vais aller à la plage pour m’en éloigner” », a-t-il affirmé. « Le phénomène couvre toute une région. On se retrouve donc coincé à l’intérieur, et il faut l’endurer aussi longtemps qu’il persiste.»
À cette période de l’année, les dômes de chaleur ont toutefois tendance à être moins durables et moins intenses qu’en juillet et en août, en raison du nombre réduit d’heures d’ensoleillement, explique-t-il.
«Les changements climatiques peuvent les rendre plus fréquents, plus intenses et plus durables», a conclu M. Phillips.












