L’épreuve du cancer laisse des traces bien au-delà du diagnostic...
Pour Isabelle Brouillette, c’est la transformation de son visage qui a représenté l’un des défis les plus marquants de son parcours. Après avoir perdu son nez, désormais remplacé par une prothèse faciale, elle a dû réapprendre à se voir... et à s’accepter!
Le moment où la prothèse a été posée n’a pas été celui du soulagement espéré. Malgré un processus de préparation avec les spécialistes, la confrontation avec son reflet a provoqué une vive réaction émotionnelle.
« Je me regarde. Je ne m’aime pas. Je pleure », raconte-t-elle.
Ce face-à-face agit comme une confirmation de la perte. Là où elle espérait une forme de réparation, la prothèse vient plutôt rappeler, de manière concrète, l’absence irréversible de son nez. Le choc est réel, difficile à apprivoiser. « On espère un moment de magie… mais le faux nez confirme la perte », explique la comédienne de STAT.
Dans cette étape délicate, le rôle des intervenantes a été crucial. Prévenue à l’avance de la réaction possible, Isabelle a pu mieux comprendre ce qu’elle traversait. Cette préparation psychologique lui a permis de reconnaître que le rejet initial faisait partie du processus.
À cela s’ajoute le soutien de ses proches, qu’elle décrit comme essentiel! Entourée et épaulée, elle a pu traverser cette période sans s’isoler, portée par une présence constante qui a fait toute la différence. Avec le temps, le regard porté sur elle-même a évolué. L’adaptation s’est faite progressivement, au fil des jours et des habitudes. Ce qui semblait au départ impossible à accepter est devenu une nouvelle réalité!
« Annie m’avait avertie. Puis c’est ce qui s’est passé. Donc, on met le nez. Là, il est prêt. Ça fait quelques jours qu’on y travaille. C’est pas comme je n’ai jamais vu le nez, je le vois. On le voit s’apparaître. Là, je le mets, je me regarde. Je ne m’aime pas. Je pleure.
C’est qu’on espère un moment de magie Mais le faux nez confirme la perte du nez. Puis Annie, elle me l’avait dit, tu vas voir, c’est spécial. C’est... à la fois, on est heureux parce qu’enfin, on a quelque chose qui n’est plus un bandage, mais notre cerveau voit qu’il n’y aura jamais de nez. Donc, j’ai beaucoup pleuré. J’ai eu beaucoup de mal à me regarder au départ. Et peu à peu... Je me suis habituée, puis maintenant, c’est ça mon visage. Je l’aime, mon nez. Je l’aime. », dévoile-t-elle.
Une déclaration qui témoigne d’un cheminement intérieur profond! La prothèse n’est plus uniquement associée à une perte, mais à une forme de continuité, voire de reconstruction.
À travers son témoignage, Isabelle met en lumière une réalité souvent peu abordée : celle du rapport à l’image après la maladie. Un processus exigeant, mais qui peut, avec le temps et le soutien, mener à une forme d’apaisement!














