Santé

COVID-19 : ce qu’il faut savoir sur le variant Mu

Voici la nouvelle que personne n’avait envie d’entendre : l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) surveille désormais l’apparition d’un nouveau variant de la COVID-19, appelé Mu.

À quoi correspond ce variant et qu’est-ce que ça veut dire? On fait le point.

Pourquoi « Mu »?

Les noms de variant reçoivent des noms de l’alphabet grec. Depuis l’apparition de la souche originale du virus SARS-CoV-2 à la fin de l’année 2019, on a par exemple vu apparaître les variants Alpha, Beta, Delta… Mu est une autre lettre de cet alphabet.

Ce système d’appellation standardisé a pour but de désigner les variants de manière neutre et de ne pas stigmatiser les pays où ces variants apparaissent.

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D’où provient le variant Mu?

Il a été identifié en Colombie en janvier 2021. Il n’est donc pas nouveau et était déjà connu, mais l’OMS vient de changer sa classification comme étant un « variant à suivre », parce qu’il présente des mutations qui pourraient causer un « échappement immunitaire ».

Et c’est là que la mauvaise nouvelle s’en vient : un échappement immunitaire, ça veut dire qu’il pourrait résister aux vaccins actuels.

Pour l’instant, on trouve encore principalement le variant Mu en Colombie ainsi que dans les pays voisins comme l’Équateur. Au niveau mondial, les cas de COVID-19 attribuables au variant Mu totalisent moins de 0,1 %,, alors ce variant n’est certainement pas sur le point d’envahir la planète. Par contre, on le trouve déjà dans 39 pays, et au niveau local, il représente actuellement 39 % des cas en Colombie et 13 % en Équateur, avec une augmentation constante.

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La manière dont l’OMS suit les variants

L’autorité mondiale en matière de santé répertorie et catégorise l’apparition de tous les variants sur la planète.

À l’heure actuelle, l’OMS liste 4 variants « préoccupants », comme le Delta que l’on trouve désormais dans 170 pays et l’Alpha, présent dans 193 pays, soit pratiquement l’ensemble de la planète. Le Delta, le plus contagieux des variants, est apparu en Inde au printemps 2021 ; le Alpha, aussi plus contagieux que la souche originale, a quant à lui été identifié en Grande-Bretagne à la fin de 2020.

En plus des variants préoccupants, l’OMS considère que 5 autres variants sont « à suivre ». Le Mu vient de se mériter cette classification parce qu’il « possède une constellation de mutations indiquant des propriétés potentielles d’échappement immunitaire », selon le tout dernier bulletin d’information de l’OMS.

Dans son bulletin, l’Organisation rappelle que c’était aussi le cas pour le variant Beta, originaire d’Afrique du Sud, mais indique surtout que d’autres tests doivent être faits et d’autres données doivent être obtenues puis analysées avant de pouvoir se prononcer définitivement. On se rappelle que le variant Beta, qui à un certain moment inquiétait les experts, n’est finalement pas devenu dominant dans le monde et n’a donc pas vraiment causé « d’échappement immunitaire » généralisé.

« En ce moment, il n’existe aucune preuve indiquant que [le variant Mu] concurrence le variant Delta et il apparaît improbable qu’il soit plus transmissible », indique de plus l’OMS. Mais cette bonne nouvelle vient avec un bémol : « L’échappement immunitaire pourrait contribuer à changer la rapidité de sa propagation dans l’avenir ».

Les vaccins à ARM messager présentent plus de flexibilité

Les vaccins à technologique d’ARN messager comme celui de Pfizer et de Moderna, sont à l’étude depuis plus de 20 ans mais ont obtenu leur première approbation officielle avec la COVID-19.

Comme la technologie n’est pas encore très connue du grand public, c’est intéressant de dire que contrairement aux vaccins traditionnels (comme celui de la grippe ou le Astra Zeneca pour la COVID par exemple), qui prennent de nombreux mois à être fabriqués, les vaccins à ARN messager sont produits plus rapidement. Pfizer, par exemple, réussit à produire de nouveaux lots de vaccin en 60 jours à son usine du Michigan.

Si jamais le variant Mu érode de manière significative l’efficacité des formulations de vaccins actuels, on peut au moins se dire qu’on n’aura probablement pas à attendre encore un an avant de pallier avec des vaccins plus efficaces.