Les applications de rencontre font partie intégrante de la vie d’une majorité de célibataires. Pourtant, les premiers utilisateurs de ces plateformes le faisaient avec gêne et tendaient à garder leur inscription sous silence. Certains couples inventaient même l’histoire de leur première rencontre question de romancer le tout et éviter les jugements! Mais aujourd’hui, célibat rime presque toujours avec les Tinder et Hinge de ce monde. Pour certains, l’inscription sur une application de rencontre semble avoir remplacé les sorties dans les bars post-rupture. Aussitôt une fréquentation terminée, aussitôt le profil complété.
Le numérique a affecté la façon de « dater » pour le meilleur … et pour le pire! Est-ce que l’insatisfaction est plus grande depuis qu’on fréquente ces applications? La simplicité est-elle gage de qualité en matière de rencontres en ligne? Quelles sont les conséquences de cette réalité sur notre cerveau et comment notre fonctionnement cérébral affecte-t-il cette nouvelle façon de rencontrer? En tant que psychologue, voici des pistes de réflexions.
Après des mois à deux mètres de distance de toute chaleur humaine, l’envie (et le besoin) de se rapprocher et bâtir une relation est sur les lèvres de beaucoup de célibataires dans mon bureau. Bref, le « swiping » se fait aller!
Trop, c’est comme « pas assez »!
Le dating est vu par certains comme un jeu, alors que pour d’autres c’est un passage obligé à la fois pénible et énergivore. L’accessibilité et l’abondance de choix des applications de rencontre sont à la fois leurs meilleures qualités et leurs pires défauts!
Lorsque l’être humain est face à de nombreuses options, il va s’inquiéter plus que jamais d’opter pour la mauvaise : et si la personne suivante était plus intéressante? Plus attirante? Et si c’était possible d’être plus heureux? Plus amoureux?
En fait, nous avons tendance à idéaliser les alternatives, ce qui augmente la probabilité de se sentir plus insatisfait de notre choix… et le délaisser au profit d’un autre. Après tout, si nous avons opté pour cette option parmi toutes celles disponibles, ne devrait-elle pas être sans faille? Cherchons-nous une quasi-perfection inatteignable? Construisons-nous notre propre déception?!
Bref, même dans la sphère relationnelle, il est facile de faire un parallèle avec les choix quasi infinis qui nous sont offerts sur un plateau d’argent (ou une application gratuite).
Une introspection pour faire face à l’abondance
Que faire devant cette abondance de choix? D’abord, cela implique de faire le deuil du partenaire parfait. Bien que ce constat puisse être triste de prime abord, il a un avantage certain : celui de ne pas vivre la pression d’être soi-même le ou la partenaire idéal.e! Après tout, accepter l’autre dans ses imperfections et s’accepter soi-même avec les nôtres, c’est lié!
Ensuite, il est pertinent de se questionner sur les besoins que nous avons dans une relation et avec un.e partenaire. Par exemple ; sommes-nous plus heureux.se avec un.e conjoint.e indépendant.e? Avons-nous besoin qu’il ou elle ait le même intérêt que nous pour le théâtre afin de nous y accompagner?
Il n’y a pas de bonnes ou mauvaises réponses… tant qu'elles sont authentiques et résonnent réellement avec nos besoins.
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Finalement, sachant que ton ou ta partenaire sera nécessairement imparfait.e et qu’il aura des défauts : je t’invite donc à réfléchir à ce qui ne fonctionne vraiment pas pour toi. Il ne faut pas oublier qu’une relation est une dynamique entre individus. Par exemple, la caractéristique X de ton voisin peut t’irriter énormément, alors que son conjoint peut très bien être à l’aise avec cela! Dans cette situation, personne n’a tort, car c’est une question de fit.
Résultat? L’excitation liée à la récompense était plus grande lorsque le problème à compléter était complexe!
Et attention, je ne fais pas référence aux émotions désagréables et aux coups sur l’estime que vivent les utilisateurs de ces applications, mais bien à la simplicité d’entamer une discussion avec une personne qui pourrait nous intéresser et nous retrouver, en quelques minutes seulement, en face d’elle au parc.
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D’un autre côté, lorsqu’une personne s’est investie à plusieurs reprises dans des conversations et rencontres qui ont mené à du ghosting (le fait de disparaître sans explication et sans raison), il est fort probable qu’elle décide de diminuer les efforts lors de ses prochains matchs.
Combien de fois ai-je entendu mes patients me dire « à quoi bon » dans de telles situations? Et c’est un réflexe humain!
Tinder et compagnie ont été des facilitatrices pour de nombreuses personnes anxieuses ou timides. De plus, les applications de rencontre ont eu un aspect salvateur pour certains lors des longues périodes de confinement.
Il ne faut donc pas « jeter le bébé avec l’eau du bain », mais plutôt apprendre à se protéger des impacts possibles sur son estime de soi et son envie de rencontrer : sujet de mon prochain article!
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