Les deux dernières années, nous avons passé Noël et Nouvel An en bulle familiale, pandémie oblige. Plusieurs personnes ont poussé un soupir de soulagement lorsqu’ils ont appris que les grands rassemblements étaient interdits. Dans mon bureau, certains patients ont mentionné que leur solitude serait moins souffrante puisqu’elle serait partagée par une majorité. D’autres expliquaient que leur temps des Fêtes était habituellement essoufflant et que le confinement leur permettrait de se reposer.
Et certains patients cachaient mal leur joie de ne pas avoir à côtoyer certains membres de leur famille avec qui les échanges ne sont pas toujours des plus agréables! Mais cette année sera beaucoup plus propice aux rassemblements...
Je tiens donc à vous rassurer : si votre réveillon et vos partys de Noël amènent leur lot de stress, vous êtes loin d’être seul(e)!
Comment survivre aux rassemblements du temps des Fêtes et préserver sa santé mentale pendant cette période remplie de contacts sociaux? Voici quelques pistes.
Soyez respectueux et respectueuses envers votre énergie!
D’abord, rappelons-nous que le temps des Fêtes n’a pas à être un marathon effréné d’événements que nous complétons en étant plus fatigués qu’initialement. L’envie de « rattraper » les moments perdus à cause de la pandémie peut être alléchante pour certains.
Toutefois, je vous invite à questionner votre niveau d’énergie et à vous permettre de refuser certaines invitations si vous en ressentez le besoin.
Nous entendons souvent qu’il ne faut pas parler d’argent, de religion et de politique lors de ces soupers en groupe. Cette « règle » est-elle toujours d’actualité? Doit-on éviter ces thèmes pour favoriser la bonne ambiance autour de la dinde cette année?
Dans un monde idéal, nous serions en mesure de discuter de tous les sujets avec respect. Les débats seraient bienveillants et l’écoute sincère de l’autre serait mise de l’avant. Mais si Noël est réputé pour amener son lot de féérie, sa magie a des limites.
Certaines conversations peuvent être mises de côté si elles suscitent des désaccords susceptibles de refroidir l’ambiance. À titre d’exemple, on peut tolérer de ne pas argumenter sur l’avenir de la cryptomonnaie avec notre cousin. Nous pouvons aussi éviter de débattre de la pertinence ou non du cours d’éthique et cultures religieuses ou de notre opinion sur la gouvernance de nos politiciens… Bref, ce n’est peut-être pas le meilleur moment pour lancer un débat sur des sujets polarisants!
Quand les enjeux de société s’invitent à la table
Cependant, il est difficile (et même non souhaitable) d’ignorer les propos de nos proches sur certains thèmes. Dans les derniers mois, plusieurs personnes se sont conscientisées plus que jamais aux différents enjeux d’actualité comme le racisme, la culture du viol, la grossophobie, la transphobie, etc. Ces sujets risquent donc de venir s’installer (in)confortablement entre vous et votre tante Sylvie et donner un petit goût amer aux atacas.
Que faire si notre grand-père tient des propos racistes? Comment doit-on réagir face au discours grossophobe de notre cousine?
Évidemment, personne ne veut être tenu responsable d’avoir gâché l’ambiance du réveillon. En même temps, demeurer silencieux, c’est acquiescer à des idées inacceptables puisqu’ici, ce n’est plus une question où toutes les opinions se valent. Il ne faut pas oublier que, bien qu’ils soient assis à la table des enfants, les oreilles des plus jeunes se tendent vers les conversations des grands.
Comment nous exprimer sans que cela se termine par un combat où sont lancés des « ok boomers » par ci et des « wokes » par-là?
Toutefois, si votre interlocuteur fait preuve de fermeture, il serait préférable de maintenir avec respect votre inconfort quant à son discours, mais sans plus. Après tout, il n’est pas possible de dialoguer seul.
J’aimerais conclure en rappelant que plusieurs d’entre nous avons la croyance que notre affiliation familiale devrait être garante d’une harmonie et d’une envie indéniable de se côtoyer, ce qui est faux.
Nous sommes également éduqués (à raison) à respecter nos parents et aînés. Par contre, plusieurs personnes ont fait une corrélation entre le respect de l’autre et le fait de taire ses limites. Cette association est fausse! Nous sommes en droit d’affirmer et de maintenir nos limites et ce, même auprès de nos grands-parents!

À titre d’illustration, il est tout à fait adéquat de dire : « Mamie, je suis blessée par tes (vos) commentaires sur mon poids. Je te (vous) demanderais de ne plus en faire ».
Je suis persuadée que certains d’entre vous ont eu des yeux ronds à la lecture de cet exemple. Cette réaction est le reflet de plusieurs apprentissages erronés faits au cours de notre développement et qui nous amènent à ne pas nous sentir justifiés dans notre affirmation de nous-mêmes. Cela étant dit, il ne faut pas se surprendre de ne pas s’affirmer dans nos relations amoureuses ou au travail…
En conclusion, respectez vos limites même si cela signifie de dire non à certains soupers de Noël et restez conscient de l’énergie que vous pouvez et souhaitez mettre lors des discussions plus sensibles.
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