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Vortex polaire: le Canada doit-il s’attendre à un hiver plus froid que prévu?

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Des rumeurs concernant une perturbation inhabituellement précoce du vortex polaire dans l’Arctique suscitent la curiosité des météorologues, sans toutefois les inquiéter.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.

Selon MétéoMédia, les vents qui composent le vortex polaire au-dessus du pôle Nord pourraient s’affaiblir plusieurs mois plus tôt que prévu, permettant à de l’air froid de descendre vers la surface de la Terre et entraînant des températures plus fraîches dans certaines régions de l’hémisphère Nord.

Toutefois, les experts ne savent pas encore si ce phénomène se produira, ni quand, ni où.

«Cela pourrait toucher le Canada. Cela pourrait toucher une région d’Europe. Il se pourrait aussi que cela ne se produise pas du tout», explique Kelsey McEwen, météorologue en chef à l’émission Your Morning de CTV.

Les météorologues surveillent attentivement la circulation et la direction des vents, mais ils ne sont pas en mesure de confirmer si le vortex s’affaiblira, ni quelles pourraient être les répercussions pour le Canada.

«Il est difficile d’en être certain», souligne McEwen, ajoutant qu’il faudra probablement attendre la première semaine de novembre pour obtenir un portrait plus clair. «C’est une possibilité qui pourrait entrer en ligne de compte dans les prévisions hivernales.»

Même si le vortex polaire devait entraîner un refroidissement des températures, cela ne changerait pas la façon dont les Canadiens devraient se préparer à l’hiver, estime le Dr Christoph Gatzen.

«Ce n’est pas quelque chose qui m’empêche de dormir», affirme le chercheur en météorologie à l’Université Western. «Aucun changement météorologique spectaculaire n’est imminent.»

A pedestrian crosses the road with a snow brush as high winds and heavy snow blanket Halifax, Wednesday, Jan. 29, 2025. THE CANADIAN PRESS/Darren Calabrese A pedestrian crosses the road with a snow brush as high winds and heavy snow blanket Halifax, Wednesday, Jan. 29, 2025. THE CANADIAN PRESS/Darren Calabrese (THE CANADIAN PRESS/Darren Calabrese)

Comment fonctionne le vortex polaire?

Kelsey McEwen compare le vortex polaire à une toupie qui tourne au-dessus du pôle Nord.

«Il s’agit d’une ceinture de vents qui entoure une masse d’air froid située très haut au-dessus de l’Arctique, dans la stratosphère», explique-t-elle.

La stratosphère est la deuxième couche la plus basse de l’atmosphère terrestre et se trouve à une altitude d’environ 10 à 50 kilomètres au-dessus de la surface.

Le vortex polaire se renforce généralement en hiver, lorsque l’Arctique reçoit moins d’ensoleillement.

Selon McEwen, l’activité des ondes atmosphériques peut parfois faire «vaciller» cette toupie. L’air qui l’entoure se réchauffe alors rapidement.

«C’est ce qu’on appelle un réchauffement stratosphérique soudain», précise-t-elle.

Cette perturbation peut modifier le courant-jet et influencer la trajectoire de l’air froid, qui peut alors descendre vers les couches inférieures de l’atmosphère et provoquer une baisse importante des températures au sol.

SWITZERLAND-WEATHER-CLIMATE-WMO-ELNINO This photograph shows presentation slide displayed during a press conference on El Nino update by the World Meteorological Organization (WMO), in Geneva on Sept. 3, 2026. (Photo by Fabrice COFFRINI / AFP via Getty Images) (AFP via Getty Images)

Réchauffement stratosphérique précoce et El Niño

Les épisodes de réchauffement stratosphérique surviennent généralement entre janvier et mars. L’an dernier, toutefois, les météorologues en avaient observé un dès le mois de novembre.

«Il est très rare que cela se produise aussi tôt dans la saison», note Gatzen.

Le phénomène El Niño actuellement en développement, décrit par certains spécialistes comme le plus puissant jamais enregistré, pourrait avoir contribué à l’affaiblissement du vortex polaire. Le chercheur invite néanmoins à la prudence.

«Il est très difficile de déterminer avec certitude quelle influence est réellement significative», dit-il.

Les conditions météorologiques dans la troposphère, la couche atmosphérique située sous la stratosphère, pourraient également jouer un rôle.

Quelles conséquences sur les températures?

Si le vortex polaire s’affaiblit et si cet affaiblissement se répercute au Canada, l’intensité du refroidissement dépendra notamment des températures déjà présentes dans chaque région.

Les secteurs déjà froids pourraient voir le mercure plonger bien en dessous de 0 °C, explique McEwen. Dans les régions plus douces, l’arrivée d’air froid pourrait être moins marquée.

«Mais c’est encore difficile à prévoir», ajoute-t-elle.

El Nino, illustration El Nino is the warm phase of the El Nino/La Nina Southern Oscillation (ENSO) that occurs across the tropical Pacific Ocean roughly every five years. The ENSO affects weather systems across the world, bringing extreme weather such as floods and droughts. El Nino generally causes drier conditions in Australia and South-East Asia, and wetter and warmer conditions in the Americas. (Getty Images/Science Photo Library RF)

El Niño, un meilleur indicateur pour l’hiver

La plupart des météorologues estiment que l’épisode El Niño en cours pourrait être le plus intense jamais observé. Certains le surnomment même le «Godzilla» des El Niño.

Pour McEwen, ce phénomène jouera un rôle beaucoup plus important que le vortex polaire dans l’évolution de l’hiver à venir.

L’an dernier, l’affaiblissement précoce du vortex s’était produit dans un contexte de La Niña, un phénomène généralement associé à des hivers plus froids que la normale.

«En raison de cette configuration atmosphérique mondiale, nous étions davantage susceptibles de connaître l’hiver plus rigoureux que nous avons finalement eu», explique-t-elle.

À l’inverse, El Niño favorise généralement des hivers plus doux au Canada. Son interaction avec l’air froid associé au vortex polaire demeure difficile à prévoir.

«Pour l’instant, votre hypothèse vaut autant que la mienne quant à la durée de ces périodes de froid, si elles se produisent», résume McEwen.

Se préparer comme pour n’importe quel hiver

Pour les deux météorologues, un affaiblissement hâtif du vortex polaire serait certes digne d’intérêt, mais ne constitue pas un motif d’inquiétude.

À cette période de l’année, la plupart des Canadiens commencent déjà leurs préparatifs hivernaux.

«On installe les pneus d’hiver, on se prépare à la neige», rappelle Gatzen.

Selon lui, il est encore beaucoup trop tôt pour savoir si le vortex polaire aura un effet notable sur la saison froide.

McEwen conseille donc de s’en tenir aux règles de base.

«Je peux vous assurer que l’hiver sera plus froid que l’été et je peux aussi dire qu’il sera probablement plus doux que l’hiver dernier», lance-t-elle. «Mais quoi qu’il arrive, vous aurez besoin d’un manteau d’hiver, de bottes et vous devrez probablement pelleter de la neige.»

Devika Desai

Devika Desai

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National Digital Producer, CTVNews.ca