En Vedette

Fabien Cloutier est en deuil

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Bande-annonce | Double jeu

Le monde des médias québécois est en deuil: le photographe Olivier Jean, qui faisait partie de l’équipe de La Presse depuis plus d’une décennie, est décédé à l’âge de 48 ans.

Son départ soudain a bouleversé non seulement ses collègues et amis, mais aussi sa famille, dont son cousin, l’acteur Fabien Cloutier.

Sur les réseaux sociaux, Fabien a tenu à exprimer sa peine en partageant un long message chargé d’émotion.

Fabien Cloutier (Karine Paradis)

Il y raconte la relation particulière qu’il entretenait avec Olivier, qu’il voyait surtout durant son enfance lors de quelques rencontres familiales éparses. Malgré la distance, leurs moments partagés restaient marqués par de grands éclats de rire.

En 2001, leurs chemins se sont croisés de manière inattendue lors du Sommet des Amériques, alors qu’Olivier couvrait l’événement en tant que photographe.

« Je l’ai reconnu tout de suite, raconte Fabien. Cette retrouvaille éclair m’a rappelé à quel point on était sur la même longueur d’onde. »

Plus tard, c’est souvent à travers le travail que les cousins se retrouvaient. Que ce soit après un gala, sur un tapis rouge ou lors d’un lancement, Fabien cherchait toujours le visage rassurant d’Olivier parmi la foule de journalistes et de photographes. Ces rencontres improvisées donnaient souvent lieu à de petites joutes humoristiques, une manière pour eux de se taquiner et de faire sourire ceux qui les entouraient.

« On s’envoyait des piques, lui me traitant de prétentieux, moi l’accusant de ne pas être à la hauteur, avant de rire et de s’enlacer », se souvient Fabien.

Dans son message, le comédien souligne combien la disparition de son cousin laisse un vide immense. « Son départ laisse une blessure profonde qui ne se refermera pas de sitôt », écrit-il, avant de conclure par un dernier adieu.

Photographe talentueux, Olivier Jean a marqué le journalisme québécois par son regard unique et son professionnalisme. Depuis 2013, il avait signé de nombreuses images marquantes pour La Presse, laissant derrière lui un héritage visuel important.

À sa famille, à ses collègues et à tous ceux qui ont eu la chance de le côtoyer, nous adressons nos plus sincères condoléances.

«Olivier Jean, photojournaliste à La Presse, était mon cousin. Il est décédé cette semaine. Comme ses parents, sa famille, ses amis et ses collègues, cette nouvelle m’a boulversé et me bouleverse encore.

Enfant, c’etait un cousin que je voyais quelques fois par année car pas mal de kilomètres nous séparaient. Je me souviens avant tout qu’on riait beaucoup ensemble.

Nous ne nous étions pas vu depuis un bout quand en 2001, au Sommet des Amérique, je vois des cheveux roux au bas d’une casquette d’un photographe en plein cœur de l’action. C’est Olivier. Une retrouvaille de quelques secondes qui nous confirmaient que nos astres et idéaux de jeunes vingtenaires étaient encore pas mal alignés.

Il m’est arrivé plus d’une fois, lors d’un tapis rouge, après avoir gagné un prix dans un gala ou lors d’un lancement, de me rendre à la salle de presse où journalistes et photographes nous attendent pour nos premières impressions ou nous tirer le portrait. En y arrivant, je cherchais toujours de l’œil mon cousin Olivier. Sa présence dans ce brouhaha me rassurait. Chaque fois, on s’arrêtait pour parler de la famille et des enfants.

J’ose dire que ce n’étaient pas ses événements préférés pour faire son travail et moi non plus d’ailleurs. Mais comme nous avions un humour un peu semblable, il nous arrivait parfois d’en profiter pour nous invectiver. Lui me traitant de prétentieux, moi lui balançant qu’il était incompétent et qu’il devrait laisser travailler les professionnels. Une fois qu’on avait réussi créer le malaise, il s’ensuivait une chaleureuse accolade car nous étions avant tout heureux de nous revoir et heureux d’avoir vu la déconfiture dans certains visages autour de nous. Il y avait quelque chose chez-nous qui venait du même moule, il y a de ces liens qui se tissent dès l’enfance et qui tiennent très fort.

Son départ crée une plaie qui ne se refermera pas facilement.

Salut Olivier.»