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Rémi Goulet sur Gilles Villeneuve: «J’ai eu l’impression de perdre un ami»

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L’acteur Rémi Goulet était sur le plateau du film Major Junior lorsqu’un producteur lui a mentionné qu’il travaillait sur un film consacré à la défunte vedette de la Formule 1, Gilles Villeneuve.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.

Rémi Goulet et Gilles Villeneuve: des racines communes

Christian Larouche était convaincu que Goulet était destiné à incarner le pilote automobile canadien. Mais après plusieurs années de carrière, l’acteur savait mieux que quiconque qu’il ne fallait pas se faire trop d’illusions.

Ce n’est qu’après avoir obtenu le rôle en 2021 et commencé des recherches approfondies sur Villeneuve qu’il a compris à quel point il était fait pour interpréter ce personnage.

Villeneuve, décédé à la suite d’une collision sur un circuit en mai 1982, était originaire de Berthierville, au Québec. Goulet a grandi à seulement 20 minutes de là. Tous deux aimaient faire de la motoneige dans les mêmes champs et partageaient une passion pour la vitesse née sur les routes de campagne du Québec.

«J’avais une petite voiture que j’aimais pousser un peu sur ces vieilles routes, alors tout m’a semblé naturel lorsque j’ai accepté ce rôle», a déclaré Goulet avant la première mondiale de Villeneuve: La naissance d’une légende.

Ce long métrage raconte l’évolution de Villeneuve, d’un adolescent québécois qui jouait de la trompette à celui qui allait devenir le pilote de Formule 1 le plus aimé du Canada. Le film s’intéresse à ses débuts en compétition de motoneige, puis à sa carrière automobile en Formule Atlantic, une étape vers la Formule 1.

Réalisé par Yan Lanouette Turgeon et mettant également en vedette Rosalie Bonenfant dans le rôle de Joann, l’épouse de Villeneuve, le film clôturera le Festival international du film de Toronto lors d’un gala samedi.

Rémi Goulet et Rosalie Bonenfant Rémi Goulet et Rosalie Bonenfant (Jimy Francoeur/Mari Photographe)

Cette première représente l’un des plus grands rôles de la carrière de Goulet à ce jour, mais aussi l’aboutissement d’un long parcours visant à porter l’histoire de Villeneuve au grand écran.

Une histoire qui a mis des années à voir le jour

L’idée du film a pris forme vers 2018, lorsque la fille de Villeneuve souhaitait raconter l’histoire de son père autrement qu’à travers son accident mortel ou sa première grande victoire, le Grand Prix de Montréal de 1978, où il est devenu le premier Canadien à remporter une course de Formule 1.

À la même époque, elle a été approchée par le réalisateur Daniel Roby. Elle envisageait alors de créer une minisérie en anglais, mais comme Roby avait déjà écrit le scénario de Villeneuve: La naissance d’une légende, elle a accepté d’agir comme productrice exécutive.

Des contraintes financières, la pandémie de COVID-19 et un changement de réalisateur ont fait en sorte qu’il a fallu plusieurs années avant que le film ne soit même proche d’être terminé. Il a été présenté aux médias une semaine avant sa première au TIFF avec la mention «œuvre en cours» (work in progress).

Le réalisateur Yan Lanouette Turgeon avait dit à l’époque que le film était terminé à environ 90%, il ne restait plus qu’à peaufiner le mixage sonore et à ajouter quelques effets visuels.

Il a finalement pris les commandes du projet en 2024, à l’occasion du 42e anniversaire du décès de Gilles Villeneuve. (Roby et le producteur divergeaient d’opinion quant à l’importance à accorder aux aspects liés à la course automobile, ce qui a mené au changement de réalisateur, selon le Journal de Montréal).

Lanouette Turgeon se souvient que rejoindre le projet a été une décision facile.

«J’ai lu le scénario et je suis immédiatement tombé sous le charme de Gilles», a-t-il déclaré.

Comme beaucoup de Québécois, il connaissait déjà certains éléments de l’histoire de Villeneuve, mais surtout «les grandes lignes», notamment l’ampleur de son succès.

Lanouette Turgeon se rappelle même du jour où Villeneuve est décédé. Il était alors au chalet familial avec des proches lorsque certains se sont mis à pleurer et que son père a lancé un cri de désespoir.

«J’avais sept ans, alors je ne pouvais pas vraiment comprendre tout ce qui venait de se passer, mais je savais que nous avions perdu quelqu’un d’important, une sorte de figure mythique», a-t-il raconté.

Rémi Goulet stars as Canadian Formula One driver Gilles Villeneuve in the upcoming film "Villeneuve: The Rise of a Legend." THE CANADIAN PRESS/Handout - TIFF (Mandatory credit) Rémi Goulet stars as Canadian Formula One driver Gilles Villeneuve in the upcoming film "Villeneuve: The Rise of a Legend." THE CANADIAN PRESS/Handout - TIFF (Mandatory credit) (HO)

Le défi de raconter Gilles Villeneuve autrement

Plus tard, en réalisant ce film biographique, il a voulu montrer une facette plus humaine et terre-à-terre de Villeneuve. Le film présente notamment le pilote travaillant jusque tard dans la nuit avec ses mécaniciens pour réparer sa voiture, sacrifiant la maison familiale afin de financer sa carrière, et vivant dans une roulotte pour pouvoir se déplacer de circuit en circuit.

«J’avais envie d’en faire davantage une étude de personnage qu’un simple film d’action ou de course automobile», a expliqué Lanouette Turgeon. «Il avait quelque chose du voisin sympathique, tout en demeurant très mystérieux.»

Pour mieux comprendre Villeneuve et reproduire son langage corporel, Goulet a dévoré de vieux articles, des vidéos, des photos et des entrevues.

Mélanie Villeneuve l’a également aidé à combler les zones d’ombre absentes du domaine public. Elle lui a parlé de l’audace de son père et lui a raconté plusieurs anecdotes permettant de mieux saisir qui il était loin des projecteurs.

Goulet n’a toutefois pas eu de discussions avec son fils, Jacques Villeneuve, premier Canadien champion du monde de Formule 1.

«Je ne voulais rien forcer», a expliqué l’acteur. «Il faut faire preuve de sensibilité, parce que pour nous, c’est une figure emblématique, mais pour eux, c’est leur père. C’est donc beaucoup plus chargé en émotions.»

L’épouse de Jacques Villeneuve, Giulia, a indiqué que la famille a participé à la production, tout en laissant à Mélanie Villeneuve le rôle principal dans les projets liés à Gilles Villeneuve.

«Soyez assurés que son point de vue reflète également celui de Jacques», a-t-elle écrit dans un courriel.

«C’était comme perdre un ami»

Même sans avoir bénéficié directement de l’apport du fils de Villeneuve, Goulet affirme avoir développé un lien profond avec Gilles Villeneuve.

«Quand le tournage s’est terminé, cela m’a paru très étrange, comme si je perdais un ami. C’était très émotif.»

«Je n’avais jamais vécu une telle émotion avec un personnage auparavant... et maintenant, j’espère que les gens vont l’aimer autant que moi.»

Ce reportage de La Presse Canadienne a été publié pour la première fois le 20 septembre 2026.

Tara Deschamps, La Presse Canadienne

Tara Deschamps

Tara Deschamps

Journaliste