Le geste de la députée solidaire et conjointe d’Hubert Proulx, Ruba Ghazal, à l’Assemblée nationale, continue de faire réagir.
Alors qu’une pétition réclame sa démission après qu’elle ait soulevé un keffieh lors de son assermentation, une autre rassemble des milliers de personnes pour lui témoigner du soutien. La controverse se poursuit, mais les appuis se font aussi entendre.
Lancée sur Change.org, le 21 octobre, la pétition intitulée Soutien pour Ruba Ghazal: respectons son mandat, sa liberté de penser et de conscience affichait plus de 25 000 signatures en ce vendredi midi.
Pourquoi le geste de Ruba Ghazal fait-il réagir?
Pour comprendre, il faut revenir au 20 octobre, lors de l’assermentation des députés de Québec solidaire au salon Rouge de l’Assemblée nationale. La conjointe d’Hubert Proulx, a pris le keffieh que portait Manon Massé et l’a soulevé devant les personnes présentes, avant de le lui rendre.
La scène a suscité des critiques et mené au lancement d’une pétition réclamant sa démission.
La députée de Mercier a défendu son geste en évoquant ses racines palestiniennes et son attachement au Québec: «Je suis 100 % québécoise, 100 % palestinienne», a-t-elle déclaré.

Mais c’est quoi un keffieh?
Selon la définition de l’Office Québécois de la langue française, un keffieh, nom masculin, ou kéfié (et au pluriel: des keffiehs palestiniens) est « une coiffure traditionnelle des Bédouins, faite d’un morceau de tissu plié et maintenu sur la tête par un cordon».

Une pétition pour défendre sa liberté
En réponse aux appels à sa démission, Beatrice Porco, une citoyenne, a lancé une pétition de soutien. Son argument, comme on peut le lire dans la description, est qu’un désaccord sur un geste symbolique ne devrait pas suffire à réclamer le départ d’une députée élue. Pour les signataires, ces deux appartenances peuvent coexister sans remettre en question la place de Ruba Ghazal à l’Assemblée nationale.

Des avis partagés aux Débatteurs de Noovo
Le sujet s’est invité aux Débatteurs du 22 heures, sur Noovo, le 22 octobre. Autour de la table, les opinions divergeaient sur le geste de la députée et sur les réactions qu’il a provoquées.
Victor Henriquez a rappelé que d’autres enjeux méritaient davantage d’attention. Catherine Beauchamp estimait que Ruba Ghazal devrait présenter des excuses afin de tourner la page. Maude Goyer jugeait que la pétition réclamant sa démission allait trop loin. Elle voyait plutôt dans ce geste un moment de fierté et d’émotion. Jacinthe-Eve Arel aurait préféré que la députée brandisse un drapeau du Québec lors de cette cérémonie.
À la question du sondage express demandant si le geste de Ruba Ghazal les avait choqués, 69 % des participants ont répondu oui, contre 31 % non.

Rappelons que bien qu’elles soient de puissants leviers de mobilisation médiatique, les pétitions lancées sur la plateforme privée Change.org n’ont aucune valeur juridique ou officielle, contrairement aux démarches citoyennes déposées directement sur les sites de l’Assemblée nationale ou du Sénat.