Alice Morel-Michaud est comédienne depuis sa tendre enfance, mais elle est également devenue créatrice de contenu sur le web avec sa chaîne YouTube, puis sa forte présence et ses prises de parole sur Instagram.
Aujourd’hui, elle se questionne : peut-on être à la fois influenceuse et actrice? Est-ce que ces deux rôles sont conciliables? Comment gérer les contrats publicitaires de part et d'autre?
Il était une fois en 2018, l’after-party de l’événement « Juste pour Ados ». Après avoir signé des centaines d’autographes pour des adolescents ayant l’espoir de rencontrer leurs idoles, une cinquantaine de personnalités appréciées des jeunes prenaient un verre dans une section VIP de la place des festivals.
La grande salle de réception où tout cela avait lieu était, littéralement et figurativement, séparée en deux. D’un côté il y avait les acteurs, chanteurs, humoristes, etc. Bref ; tous ceux qui œuvrent dans le monde médiatique traditionnel. Et de l’autre côté, il y avait les influenceurs, créateurs de contenu et youtubeurs qui travaillent dans le monde des réseaux sociaux.
Et à la croisée de ces deux univers, il y avait moi, à la fois comédienne et influenceuse.
Je n’ai jamais eu énormément de problèmes à jongler les deux volets de mon travail, mais on me demande souvent de me justifier quant à la pertinence de la création de contenu rémunéré dans ma carrière.
Les comédiens font de la publicité depuis longtemps
Pourtant, je ne suis ni la première ni la dernière comédienne qui fait de la publicité. Pense à Martin Matte pour Maxi, ou à Guillaume Lemay-Thivierge pour Hyundai. La plus grande différence est que je le fais sur Instagram. Ça semble être une nuance assez importante pour la plupart de mes collègues sur les plateaux de tournage.
J’ai souvent l’impression que malheureusement, les artistes qui œuvrent dans les médias traditionnels portent beaucoup de jugements envers les créateurs du web. Selon moi, ces préjugés résultent d’une grande incompréhension de la charge de travail qu’être créateur de contenu demande.
À lire aussi : Être une enfant (avec des dents de lait!) sur les plateaux de tournage
Une génération d’enfants du web
De l’autre côté, je comprends parfaitement la frustration que la plupart des créateurs du web ont envers les médias traditionnels. Je sais que plusieurs souhaitaient, à la base, travailler en télé ou du moins en communication.
En œuvrant sur les réseaux sociaux, on prend notre carrière en main, plutôt que d’attendre l’appel d’un producteur.
Mais certains n’ont simplement jamais voulu travailler avec un autre médium que le web. Il est vrai que pour certaines personnes de mon âge, la télé, c’est le passé. Il est clair que pour les créateurs de contenu, les médias traditionnels sont moins accueillants et ouverts à la diversité, alors que les réseaux sociaux sont plutôt synonymes de liberté.
Quant à moi, un pied de chaque côté de la clôture, je suis attachée aux deux milieux. Je me sens de toute évidence plus en amour avec le métier de comédienne, mais je n’ai pas envie de me limiter à une chose.
Je pense que c’est ce qui est génial des métiers artistiques : on peut constamment se réinventer. C’est pourquoi j’aime être pigiste ; j’adore répondre aux exigences d’un réalisateur sur un plateau de tournage, puis produire mon contenu de façon autonome le lendemain. Qui sait, peut-être un jour je produirai mon contenu publicitaire pour la télévision? Ce serait vraiment le « best of both worlds », comme Hannah Montana le dit si bien.
Recommandé pour toi :











