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Je démystifie ici 5 fausses croyances sur les véhicules électriques

Par : Maude Gauthier

Confronté aux changements climatiques, on ne peut plus s’enfouir la tête dans le sable. Pour faire ta part, tu considères acheter une voiture électrique? Les informations que tu trouves sur internet au sujet de ces véhicules encore nouveaux sur le marché se contredisent? Ce que ta tante et ton ami disent, aussi. En effet, plusieurs idées erronées circulent à leur sujet.

C’est pourquoi j’ai choisi d’aborder cinq mythes tenaces qui pourraient freiner ton élan, mais qui ne devraient pas!

1. L’autonomie de la batterie est insuffisante

Combien de kilomètres parcoures-tu chaque jour? De nombreux véhicules électriques offrent une autonomie supérieure à 200 kilomètres. Si tes allers-retours au travail et tes courses quotidiennes ne te font pas parcourir le Québec d’un bout à l’autre, tu n'auras aucun problème avec l’autonomie de la batterie de ton auto. Tu la rechargeras en toute simplicité en rentrant chez toi le soir venu.

D’une année à l’autre, la fabrication des batteries s’améliore et leur autonomie croîtra avec le temps. Par exemple, la Hyundai Kona 2021 affiche une autonomie de 415 kilomètres.

2- La batterie doit être changée après deux ou trois ans

Les batteries viennent souvent avec une garantie, celle-ci pouvant atteindre sept à huit ans. Inutile d’insister, si elles devaient être changées aussi fréquemment qu’aux deux ou trois ans, les fabricants n’offriraient pas des garanties aussi généreuses. Tu pourras donc dormir tranquille pendant près d’une dizaine d’années. Avec un peu de chance, ta batterie vivra aussi longtemps que le véhicule lui-même!

De plus, certains fabricants donnent une seconde vie aux batteries. Par exemple, ces dernières peuvent être réutilisées dans les machines industrielles ou pour accumuler le surplus d'électricité produit par des panneaux solaires.

3- La fabrication des voitures électriques pollue énormément

Il est juste de croire que l’impact environnemental d’un véhicule électrique est supérieur à celui d’un véhicule à essence dans sa phase de fabrication. 

Une analyse du Centre international de référence sur le cycle de vie des produits, procédés et services (CIRAIG) révèle toutefois que si on tient compte de l’ensemble de la vie de la voiture électrique, son bilan environnemental est supérieur à celui de sa contrepartie à essence. L’étude se base sur des déplacements au Québec de 150 000 kilomètres. 

Selon le CIRAIG, un véhicule électrique aurait 29% moins d’impacts négatifs sur la santé humaine, 58% moins d’influence néfaste sur la qualité des écosystèmes, ainsi que 65 % moins d’effets nocifs sur les changements climatiques et l’épuisement des ressources fossiles. Par contre, il contribue davantage à l’épuisement des ressources minérales, dans une proportion de 25%.

4- Hydro-Québec n’a pas la capacité de répondre à la demande de recharge

Supposons qu’en même temps que vous, 100 000 autres Québécois décident d’acheter un véhicule électrique. Hydro-Québec a-t-elle la capacité de répondre à cette nouvelle demande? 

Selon un porte-parole de la société d’État, qui répondait récemment aux questions du journal Le Soleil, un million de véhicules électriques au Québec représenterait une consommation d’environ trois TWh par an, c’est-à-dire une hausse de moins de 2 %.

D'ailleurs, est-ce pertinent de payer pour une borne de meilleure qualité qui te permet de programmer ta recharge aux petites heures du matin? Probablement, puisque tu éviteras ainsi de réapprovisionner votre batterie en pleine période de pointe.

5- Le coût d’une voiture électrique est beaucoup plus élevé que celui d’un véhicule à essence

Le prix d’un véhicule électrique en fait sursauter plus d’un. Même pour une compacte, il peut facilement monter à 40 000 $. Mais c’est sans compter les incitatifs gouvernementaux à l’achat (13 000 $) et à l’installation d’une borne de recharge (600 $). De plus, le coût annuel des dépenses liées à l’auto électrique est très intéressant.

J’ai comparé les coûts de la Hyundai Kona EV Essential 4D Utility 2021 (électrique) et de la Hyundai Kona Essential 4D Utility FWD 2021 (à essence). Selon l’outil de comparaison de CAA, la Kona électrique revient à 5 605 $ par an, alors que la Kona à essence t'en coûte 7 330 $, incluant la dépréciation de l’auto. Ce n’est pas pour rien qu’en avril 2021, le Québec a franchi le cap des 100 000 véhicules électriques et hybrides rechargeables sur la route!

 

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