Il y a d’abord eu une tempête qui a soufflé, longtemps, sur des certitudes et un profond désir d’avoir un enfant. Puis, au milieu de ce long blizzard, des percées de lumières venant avec l’écriture.
La journaliste en tourisme Véronique Leduc ne se doutait pas que ce voyage vers la maternité serait le plus turbulent de tous. Son ouvrage « Infertilité : traverser la tempête » paru le 15 septembre aux Éditions Parfum d’encre se veut une véritable ode à sa force et sa résilience de femme.
Il y aura eu une Véronique avant et une Véronique après avoir traversé la tempête de l’infertilité. La première avait une confiance aveugle en la vie et croyait qu’il était possible de prendre son temps, de voyager et de profiter de sa liberté avant de faire un bébé qui viendrait bien rapidement se blottir contre son cœur. La seconde avoue, les yeux mouillés, se sentir désormais un peu moins légère après cinq années de tourmente.
C’est son expérience, toute son expérience, que la journaliste de métier raconte avec humilité, abandon et douceur dans son livre Infertilité : traverser la tempête. Un récit très personnel ponctué d’entrevues avec des spécialistes (médecin, psychologue), d’un glossaire de termes médicaux (lexique de la procréation assistée), de témoignages et de fragments de conversations entre femmes ayant affronté de longues et similaires bourrasques.
Plus jamais seule dans la tempête
Si elle avait été préparée à l’éventualité que son rêve de devenir mère soit possiblement rempli d’embûches - ou pire, qu’il ne se concrétiserait peut-être jamais -, la chute aurait été moins brutale pour Véronique.
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« Je trouve qu’on ne parle tellement pas d'infertilité, lance-t-elle. Si on m’avait dit, depuis que je suis toute jeune, que ça se pouvait, être infertile, je serais sans doute tombé de moins haut ou bien j’aurais commencé plus jeune à regarder mes affaires. Tu as tellement l’impression que tu as le contrôle, je crois que c’est ce qui m’a fait tomber de haut. Se rendre compte qu’on n’a pas le contrôle. »
Selon elle, il faudrait commencer à traiter l'infertilité avec le même sérieux qu'une maladie. « Ce n’est pas couvert en ce moment. Quand tu embarques là-dedans, tu essaies d’être positive, mais c’est une maladie, il y a quelque chose dans ton corps qui ne marche pas! C’est aussi difficile que de surmonter une maladie, tu passes ta vie à l’hôpital, toute ta vie est en fonction de ton prochain rendez-vous.»


C’est pour cette raison que Véronique Leduc a écrit le livre qu’elle aurait aimé lire pendant son parcours. Son ouvrage vient valider le sentiment d’injustice, d'échec et les émotions négatives ressenties par plusieurs femmes infertiles.
« Je suis vraiment fière d’avoir réussi à transformer quelque chose de vraiment difficile - toutes ces années de merde où à un moment j’étais vraiment creux - en quelque chose de positif, qui peut être utile, dit-elle en un souffle chargé d’émotion. Je suis fière de pouvoir offrir un outil aux gens qui passent à travers cela. C’est aussi un livre à donner à ses proches quand on vit cela et qu’on se sent incomprise. À son conjoint aussi, qui est là, mais qui ne peut pas comprendre tout ce que la femme peut vivre. »
Pour Véronique Leduc, il était important de garder les chemins ouverts à la fin de son ouvrage. Parce que l’issue de son parcours de fertilité, comme celui de son couple d'ailleurs, aurait pu prendre deux tangentes bien différentes.
« Je voulais un livre qui allait dans les deux sens : oui, ça peut fonctionner la procréation assistée, mais cela se peut aussi que ça ne fonctionne pas, dit celle qui profite enfin du calme après sa tempête. Je voulais vraiment que mon livre soit un baume dans ces deux situations. »
Le livre « Infertilité traverser la tempête » de Véronique Leduc se trouve en librairie.
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