Finances

À quoi va ressembler l’augmentation du coût de la vie en 2022?

On en a déjà parlé dans cet article sur le magasinage des fêtes, mais l’économie, en grande partie à cause de divers problèmes au niveau de la chaîne d’approvisionnement mondial, est dans un état étrange et inhabituel en ce moment.

Différents facteurs pandémiques depuis près de 2 ans ont mené à ce « stress » majeur sur les chaînes de production et de distribution… Et bien sûr, ceci résulte souvent en des prix plus élevés, ou encore à une valeur moindre –tant au niveau des produits que des services- pour un prix similaire.

À quoi 2022 va ressembler au niveau du coût de la vie? Malheureusement, le répit n’est pas pour très bientôt; les Canadiens devront continuer à se serrer la ceinture dans le moyen terme. Voyons ce qu’il est est réellement.

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La facture d’épicerie va encore grimper

Galen Weston, le président de l'entreprise Loblaw, la plus grande chaine d’épiceries au Canada (avec les bannières Provigo et Maxi au Québec, mais aussi d’autres chaînes comme Real Canadian Superstore ailleurs au pays), a expliqué la situation en s’adressant aux analystes financiers récemment.

« Il y a beaucoup de pression sur le prix des denrées en ce moment… À ceci s’ajoute le problème du manque de main d’œuvre; les deux facteurs combinés créent des défis substantiels pour notre base manufacturière, » a-t-il indiqué, ajoutant que ces défis pourraient résulter en une hausse des prix dans les prochains mois, ainsi qu’une rupture de stock pour certains items.

L’indice des prix à la consommation (IPC) a grimpé de 4,7 % en octobre 2020 par rapport à l’année précédente. Les prix de chacune des 8 catégories d’items « essentiels » avaient ainsi montés, mais la nourriture tout particulièrement.

Quelques exemples :

  • Le prix des viandes en général était 9,9 % plus élevé en octobre 2021 qu’à la même période en 2020
  • Le prix du bœuf surgelé avait quant à lui grimpé de 14 %
  • Les viandes transformées avaient subi une augmentation de 8,5 %
  • Le bacon avait augmenté de 20 %!
Closeup of woman pumping gasoline fuel in car at gas station. Petrol or gasoline being pumped into a motor vehicle car.

La plus importante hausse depuis presque deux décennies

En révélant les plus récentes données sur l’IPC, Statistiques Canada a fait remarquer qu’il s’agissait de la plus importante hausse depuis février 2003.

En plus de la nourriture, la catégorie du transport avait subi une hausse de 10 %. Cette montée des prix s’expliquait par une hausse de 25,5 % pour le coût de l’énergie, incluant une hausse de 41,7 % du prix de l’essence à pompe (!) ainsi qu’une hausse de 6,1 % pour les véhicules, qui sont en forte pénurie en ce moment.

Le loyer avait aussi augmenté, particulièrement dans les provinces maritimes (9,4 % au Nouveau-Brunswick à titre d’exemple), qui ont connu un gain de population net, au détriment des provinces comme l’Alberta -dont l’économie basée sur les énergies fossiles est en déclin. Du côté de l'immobilier, les prix ont augmenté de près de 21 % à Montréal et de 13 % à Québec en 2021, marquant aussi des hausses record, selon l'Association canadienne de l'immeuble.

Pas de différence marquée en 2022

Selon l’économiste torontois Dr. Tu Nguyen, les consommateurs vont continuer de faire face à des prix plus élevés pendant « un bout de temps ». Il prédit ainsi que l’inflation atteindra 5 % d’ici la fin de 2021. De plus, il prévoit que les prix de la nourriture vont continuer de grimper puisque les fruits et légumes sont surtout importés au Canada et que les chaines d’approvisionnement en Amérique centrale et en Asie, qui acheminent ces produits ici, font face à d’énormes goulots d’étranglement en ce moment.

L’économiste croit par contre que l’inflation va chuter vers le milieu de l’année prochaine et surtout vers la fin de 2022, alors que le reste de la planète « réouvre », que la chaine d’approvisionnement se replace et que les prix de l’énergie redescendent.

Le gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem, a abondé dans le même sens, mais s’est voulu rassurant envers les consommateurs pour l’année à venir. « Nous savons que les prix plus élevés sont pénibles pour les Canadiens, qui ont plus de difficulté à payer leurs factures. Je peux pourtant vous assurer que l’inflation ne demeurera pas au niveau d’aujourd’hui, même si ça prendra encore un peu de temps pour que la situation se résorbe, » a t-il signifié dans une récente conférence de presse. Toutefois, pour l’instant la Banque du Canada garde le cap et n’a pas montré de signe de changement de taux d’intérêt.

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